Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « Set the Controls for the Heart of the Sun »

Deuxième album studio de Pink Floyd, « A Saucerful of Secrets » est sorti le 29 juin 1968. Il atteint la 9e place au Royaume-Uni. Lorsqu’il fut réédité sous le titre « A Nice Pair » avec la version originale de « The Piper at the Gates of Dawn », après le succès de « The Dark Side of the Moon », l’album a atteint la 36e place aux USA. Ce deuxième album est une véritable expérience sonore plus qu’une simple collection de chansons. Il marque une transition hésitante entre le baroque un peu acidulé et fantaisiste de « Piper at the Gates of Dawn », le premier album, et le rock spatial futuriste que le groupe affinera avec des albums comme « Meddle » ou « Dark Side of the Moon ».
L’ombre de Syd Barrett
« A Saucerful of Secrets » a été enregistré aux studios EMI entre août 1967 et avril 1968. C’est à la fois le dernier album de Pink Floyd sur lequel Syd Barrett apparaît et le seul album studio auquel les cinq membres du groupe ont contribué.
Au cours des difficiles sessions d’enregistrement de « A Saucerful of Secrets », Barrett est devenu de plus en plus instable, voire ingérable, suite à ses prises massives de LSD, et c’est en janvier 1968 que son ami David Gilmour est recruté pour venir l’épauler.
« A Saucerful of Secrets » est ainsi devenu le seul album de Pink Floyd, hors compilation, sur lequel les cinq membres du groupe apparaissent, Gilmour figurant sur cinq chansons et Barrett sur trois. Syd participera au magnifique « Set the Controls for the Heart of the Sun » qui est d’ailleurs la seule chanson sur laquelle les cinq membres du groupe apparaissent. Cette chanson est l’archétype de la musique planante et répétitive qui fera les beaux jours d’une grande partie des 70’s.

Nick Mason appellera ce morceau « le premier chef-d’œuvre de Roger Waters ». Syd Barrett fut finalement viré début mars 1968, laissant la nouvelle incarnation de Pink Floyd terminer l’album.
Le claviériste Richard Wright contribue à deux morceaux, « Remember a Day » et surtout le magique « See Saw », qui font écho à la fantaisie enfantine familière de Barrett. Les contributions du bassiste Roger Waters, ainsi que la plage titulaire de 12 minutes composée par le groupe, esquissent les pulsations palpitantes et les longues sections instrumentales qui deviendront rapidement la marque de fabrique sonore du Floyd. Ce n’est ni de la musique psychédélique, ni vraiment de la musique électronique, ni du prog. Pour le final, alors que le chaos s’apaise de manière rassurante mêlant orgue et chœur religieux, on se rend compte que Pink Floyd est fermement ancré dans le monde diatonique, et que tout écart par rapport à cette norme relève davantage de l’effet que de la conviction musicale.
Un autre morceau clé est le satirique « Corporal Clegg », déjà une première exploration par Waters des thèmes anti-guerre. Ce ne sera qu’un début… « Malheureusement, une musique basée sur les effets sonores est une base fragile sur laquelle un groupe de rock peut difficilement fonder sa réputation, mais c’est pourtant ce qu’a fait Pink Floyd. » Voici ce qu’on pouvait lire dans la presse anglaise à la sortie de l’album. Manifestement, tout le monde n’était pas encore prêt, ou alors toujours pas remis du choc « Sergent Peppers ».









