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Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez « surpris » par des extraits des mémoires de l’ex-roi Juan Carlos

Dans les 500 pages de « Réconciliation », livre qui sera publié le 3 décembre en Espagne, l’ancien monarque de 87 ans évoque notamment ses relations familiales tendues.
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Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, s’est dit « surpris » dimanche par certains passages des mémoires de l’ex-roi d’Espagne, Juan Carlos, récemment publiés.

Dans les 500 pages de « Réconciliation », livre qui sera publié le 3 décembre en Espagne, l’ancien monarque de 87 ans évoque notamment ses relations familiales tendues et l’« erreur » d’avoir accepté des millions d’euros, notamment de la monarchie saoudienne.

Parmi les passages les plus polémiques du livre figurent aussi les propos chaleureux qu’il tient à l’égard de Franco, qui a dirigé l’Espagne d’une main de fer après que ses forces ont remporté la Guerre civile de 1936-1939, et des réflexions sur son propre rôle dans la transition démocratique de l’Espagne.

Pedro Sanchez, qui n’a pas lu l’ouvrage, a confié lors d’une interview au quotidien El Pais, sur la base des extraits qu’il a pu voir, que cette autobiographie « ne sera(it) pas l’un des livres que je recommande pour Noël ».

« Je vais répondre à certains des passages qui m’ont surpris, à propos de qui a ou n’a pas apporté la démocratie. La démocratie n’est pas simplement tombée du ciel ; elle est née du combat du peuple espagnol, des citoyens ordinaires », a ajouté le Premier ministre.

« J’ai rendu la liberté aux Espagnols en instaurant la démocratie », écrit dans ses mémoires Juan Carlos.

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L’ancien monarque avait accédé à la tête de l’État espagnol en 1975, après la mort du dictateur Franco, qui l’avait désigné pour être son successeur. Le monarque a déçu les franquistes en soutenant un système parlementaire au sein d’une monarchie constitutionnelle, le tout pour surmonter une opposition globale à la restauration de la couronne. Il avait rapidement mis en œuvre des réformes qui ont mené à des élections démocratiques en 1977.

Juan Carlos a abdiqué en 2014 au profit de son fils Felipe VI, qui a pris ses distances avec lui. Il vit aux Émirats depuis 2020. Selon Pedro Sanchez, Felipe VI remplit ses fonctions « de manière exemplaire ».

Les mémoires de Juan Carlos ont relancé dans son pays le débat sur son héritage et ses liens avec le dictateur Franco, sur lequel l’ancien roi écrit notamment « je respectais énormément (Franco), j’appréciais son intelligence et son sens politique ».

Le ministre de la Culture, Ernest Urtasun, a condamné ces propos jeudi, jugeant « écœurant qu’aujourd’hui encore quelqu’un ose défendre ou justifier le dictateur ».

L’ancien Premier ministre socialiste, José Luis Rodríguez Zapatero, a lui aussi estimé que Juan Carlos aurait dû « modérer ses propos » sur Franco, dont le régime s’appuyait sur des exécutions, des emprisonnements d’opposants politiques et une stricte censure d’État.

Juan Carlos confie dans son livre avoir décidé de publier ses mémoires parce que son histoire lui avait été « volée ».

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