« C’est troublant » : la publicité de Noël d’Intermarché visée par des accusations de plagiat

En fin d’année, les marques dévoilent des campagnes de publicités pour faire rêver les consommateurs à l’approche des fêtes. En 2025, Intermarché a frappé fort. La chaîne de supermarché a fait appel au studio d’animation français Illogic Studios pour réaliser un court-métrage mettant en scène un loup mal-aimé qui prépare des plats végétariens afin de se faire accepter par les autres animaux de la forêt. Visionnée plus d’un milliard de fois, son succès est marqué par des accusations de plagiat.
L’auteur français Thierry Dedieu a pris la parole pour dénoncer la publicité. Il estime que les ressemblances sont trop fortes avec son album « Un Noël pour le loup » que pour être fortuites.
Dans son livre, l’illustrateur revisite la figure du grand méchant loup. Il suit l’histoire « d’un loup triste et solitaire, qui n’a jamais connu les joies d’un Noël entre amis. Pour se faire pardonner ses errements d’autrefois, il décide d’organiser un réveillon où il invite ses proies habituelles. Le jour dit, un banquet somptueux attend les animaux de la forêt. Il y a des plats végétariens et même des cadeaux ! Mais bizarrement, personne n’ose s’aventurer à cette table dangereuse. Désolé, le loup décide alors d’improviser une grande fête… tout seul ! », comme on peut lire sur le site de la maison d’édition.
« Si là il n’y a pas plagiat, je ne vois pas quand est-ce qu’il y a plagiat », a-t-il affirmé auprès du Parisien. Il rapporte qu’un libraire lui a même demandé s’il avait participé à l’élaboration de la publicité, vu les similitudes entre les deux histoires.
Le Parisien a alors enquêté sur l’affaire. Le média a interrogé l’avocate Vanessa Bouchara pour savoir ce qu’on pouvait réellement définir comme « du plagiat ». Selon ses dires, ce n’est pas aussi simple. « Une idée n’est pas protégeable. Seule l’originalité de la forme, de la structure ou des choix artistiques peut caractériser un plagiat », leur a-t-elle expliqué.
Le président de l’agence Romance, qui est à l’origine de la pub, réfute quant à lui les accusations : « La fin et la morale sont très différentes. Et pour moi il n’y a pas de plans qui se ressemblent. », défend-il. Intermarché adopte une posture similaire. Le groupe regrette « que le succès de cette publicité fasse aujourd’hui l’objet d’une tentative d’appropriation individuelle, visant à en revendiquer l’origine et à en tirer un bénéfice, alors même que le récit et son déroulé sont fondamentalement différents ».
Malgré les réponses des différentes entreprises qui ont travaillé sur cette publicité, Thierry Dedieu ne compte pas se laisser faire. Il envisage des poursuites judiciaires : « Je veux surtout comprendre, j’amène des éléments et puis les gens verront… Si on me dit que j’ai tort, bah je retournerai à mes petits crayons. »
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