Intermarché visé par une plainte pour sa publicité mettant en scène un loup qui mange du poisson

La publication du « conte de Noël » d’Intermarché, mettant en scène un loup qui se met à cuisiner des légumes afin de se faire accepter par les autres animaux de la forêt et de partager avec eux un repas de fêtes, a rencontré un succès viral. Le film publicitaire a dépassé le milliard de vues en quinze jours et continue de susciter de nombreuses réactions, rapporte La Voix du Nord.
Après une première polémique liée à des accusations de plagiat, l’enseigne est désormais visée par une plainte déposée par l’ONG de défense des océans Bloom auprès de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP).
L’association dénonce notamment le traitement réservé aux poissons dans la publicité, estimant qu’ils sont présentés différemment des autres animaux, en particulier par le fait qu’ils ne sont « pas humanisés ».
« Normalisation d’une idée fausse »
Selon Bloom, le spot est également « mensonger » le loup y étant « présenté comme végétarien, mais consommant pourtant du poisson ». Une représentation qui, selon l’ONG, entretient « une confusion profondément ancrée, bien qu’erronée, entre végétarisme et consommation de poisson », et contribue à normaliser cette idée fausse « dans l’imaginaire collectif », comme elle l’indique dans des propos rapportés par Le Figaro. Le végétarisme exclut la consommation de « toute chair animale » (comprenant donc le poisson) mais admet celle « d’aliments d’origine animale comme les œufs », contrairement au végétalisme.
Bloom reproche par ailleurs à Intermarché de diffuser un « message induit mensonger sur l’abondance des poissons », en contradiction totale avec l’état de santé réel des populations marines. « Ni l’offre de produits alimentaires de l’annonceur, ni ses orientations stratégiques, ne correspondent à ce message vertueux », fustige l’ONG, qui qualifie la campagne de « déloyale, malhonnête et mensongère », et susceptible « d’induire les consommateurs en erreur, notamment les enfants ».
« Ces apparitions d’un loup pêcheur et consommateur de poisson, incohérentes avec le fil narratif d’un loup végétarien, ne sauraient être fortuites venant de la première flotte de pêche française, de surcroît à l’abord des fêtes de Noël, qui correspondent à un pic de ventes de produits de la mer », développe-t-elle, y voyant une « injonction tacite à manger du poisson ».
Dans sa plainte de 18 pages, Bloom demande à l’ARPP d’engager « une procédure d’urgence » afin de « faire retirer les plans de poisson » présents dans le film publicitaire, ainsi que de prendre « toute mesure supplémentaire adaptée aux faits relevés ».
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