Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « Doo Doo Doo Doo Doo (Heartbreaker) »

Sorti le 19 décembre 1973 aux USA uniquement, « Doo Doo Doo Doo Doo (Heartbreaker) » est un titre qui représente au mieux les Stones à l’époque. On peut le résumer en un seul mot, sulfureux ! À l’image d’ailleurs de la pochette de l’album dont il est issu : « Goat’s Head Soup ».
En tant que deuxième single de l’album après le n° 1 mondial « Angie » qui a battu tous les records, « Doo Doo Doo Doo Doo (Heartbreaker) » a atteint la 15e place aux États-Unis. Ce morceau très rock, sauvage et presque dangereux devait suivre les traces de « Angie » et devenir un hit. Il n’atteindra pas les scores stratosphériques réalisés par Angie mais il sera quand même certifié « Gold ».
Le 19 décembre 1973 les Rolling Stones sortent donc : « Doo Doo Doo Doo Doo (Heartbreaker) » avec en face B « Dancing With Mr D. » À propos de ce titre qui ouvre l’album, le D représente le Devil, le diable. Une rumeur persistante raconte que le technicien de son qui travaillait sur le mixage du titre demanda soudain à quitter la cabine du studio. Il est sorti dans la rue et plus personne ne l’a jamais revu, pas même sa famille… Je vous concède qu’ils prenaient tous à cette époque beaucoup de drogues, mais quand même, cet homme s’est littéralement volatilisé !
Écrite par Mick Jagger et Keith Richards, la chanson « Doo Doo Doo Doo Doo (Heartbreaker) » raconte l’histoire d’un garçon abattu par la police new-yorkaise qui l’a pris pour un braqueur de banque. Cet événement ne fut pas réellement avéré tel quel, mais ce genre d’incident était courant.
Après avoir raconté l’histoire du policier qui a tiré sur la mauvaise personne, Jagger chante : « Toi, briseur de cœurs, avec ton calibre 44, je veux détruire ton monde. » Jagger et la police ne faisaient pas bon ménage à cette époque. Rappelons qu’en 68 dans « Sympathy for the Devil » Jagger écrit « Every Cop is a criminal… », chaque flic est un assassin…
La cartouche du 44 magnum avait été rendue célèbre par le film « Dirty Harry », sorti en 1971, dans lequel Harry Callahan utilise « l’arme de poing la plus puissante au monde » pour nettoyer les rues du crime. Les paroles complètent la musique, que le magazine « Rolling Stone » a qualifiée de « rhythm & blues urbain » en raison de son influence funk et de la partie clavinet omniprésente.

« Doo Doo Doo Doo Doo (Heartbreaker) » a été enregistrée pour la première fois en novembre et décembre 1972, avant d’être réenregistrée au début de l’été suivant. Jim Price joue du sax et il a arrangé les cuivres qui sont redoutables d’efficacité tandis que Chuck Findley est à la trompette. Mick Taylor joue la partie de guitare solo (qui utilise une pédale wah-wah et un haut-parleur Leslie), Richards est à la basse, Billy Preston joue du clavinet (en utilisant également une wah-wah) ainsi que du piano électrique. Charlie est parfait à la batterie comme toujours, et Jagger est… Jagger !
La chanson est certainement atypique pour les Stones, mais n’oublions pas de quoi elle parle : principalement d’un garçon de 10 ans (Clifford Glover) qui fut tragiquement abattu par la police dans le cadre d’une enquête sur un vol. L’acquittement de l’officier accusé de meurtre a déclenché des émeutes à New York. Ce garçon n’était qu’un gosse. Dans une certaine mesure, cette chanson lui rendait justice.









