Gisèle Pelicot : « Victime juridiquement, mais pas face à la vie »
Cinquante-trois hommes. Un mari, devenu prédateur, qui droguait sa femme pour la faire violer. Et une épouse qui décide de ne plus se taire. Il y a des livres qui dénoncent. Qui accusent. Dans « Et la joie de vivre », écrit avec la journaliste Judith Perpignon, Gisèle Pelicot ne cherche ni l’effet ni la vengeance. Elle écrit pour reprendre souffle. Reprendre les mots. Reprendre son nom.
Tout commence par un chiffre
« Le policier a lâché un chiffre. Cinquante-trois hommes seraient venus chez nous pour me violer. » Un nombre qui tombe comme un couperet. Un nombre sans visage. Un nombre qui pulvérise le réel.
Dans le bureau du commissariat, elle découvre les images. Son propre corps, étendu, inerte. Elle se regarde sans se reconnaître. « Elle avait la joue si flasque. La bouche si molle… une poupée de chiffon. » Elle insiste : « Mon cerveau s’est arrêté. » Elle réclame de l’eau. Elle croit à un photomontage. À une erreur. Et pourtant c’est elle. Droguée. Endormie. Livrée.









