L’édito de Benoît Franchimont : un dôme de fer au port d’Anvers

Il y a des informations qui font froid dans le dos. Et avouons, malheureusement, que l’on n’en manque pas ces derniers temps. La semaine passée, le Premier ministre Bart De Wever, bourgmestre empêché d’Anvers, a annoncé que dès 2027, le port de sa ville serait protégé par une batterie de missiles antiaériens. Le système choisi, baptisé Nasams, est de conception norvégienne et est particulièrement coûteux : son prix est estimé à 250 millions d’euros (chaque missile intercepteur coûte 1 million d’euros…). Il est considéré comme l’un des plus fiables au monde, comparable à ceux du Dôme de fer qui protège Israël… La batterie, composée d’un radar et de plusieurs lanceurs mobiles, le tout géré par une centaine de militaires, protégera le port contre les avions, hélicoptères, missiles de croisière ou drones de grande taille.
Mais pourquoi protéger le port d’Anvers en priorité ? Selon les experts militaires, c’est une cible stratégique de premier plan pour un ennemi, qu’il soit russe ou non. Comme lors de la reconquête de l’Europe en 1944, Anvers est une zone de débarquement et d’approvisionnement en matériel militaire en provenance des USA ou d’Angleterre. Le port d’Anvers est aussi, économiquement parlant, l’un des poumons de la Belgique. Mais il a d’autres cibles tout aussi sensibles. Ne doit-on pas rapidement protéger le siège de l’Otan, le Shape, les institutions européennes ? Et nos aéroports et nos bases militaires ? Et nos centrales atomiques et nos réseaux énergétiques si vulnérables ? Ces questions donnent vraiment le tournis.









