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Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « Magic Man »

Cette semaine, Marc Ysaye évoque un titre rock devenu culte : « Magic Man », Heart (1976).
Par Marc Ysaye
Temps de lecture: 3 min

Le premier album de Heart, « Dreamboat Annie », est sorti aux États-Unis le 14 février 1976. L’album s’est classé dans le top 5 et est resté dans le classement pendant 100 semaines ! Trois singles sont entrés dans le Billboard : « Magic Man », « Crazy On You » et la plage titulaire. Il a été certifié disque de platine moins d’un an après sa sortie aux États-Unis.

Au milieu des années 1970, la formation, complétée par le guitariste et claviériste Howard Leese et le batteur Michael Derosier, a développé un son qui combinait des textures acoustiques, des guitares électriques et des structures mélodiques influencées autant par le folk que par le hard rock. Nous sommes ici dans des sonorités particulièrement appréciées par un groupe comme Styx.

Un succès… inattendu

Succès commercial surprise de l’année 1976, Heart est un groupe de six musiciens, basé à Vancouver, construit autour du double talent de la chanteuse et parolière Ann Wilson et de sa sœur Nancy (compositrice et guitariste acoustique). « Magic Man », écrite par Ann Wilson à propos d’une relation amoureuse de jeunesse, a défini l’approche sonore du groupe : des guitares superposées, une construction rythmique régulière et une performance vocale remarquable.

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Elle est chantée du point de vue d’une jeune fille séduite par un homme plus âgé, au grand dam de sa mère. Dans une interview, Ann Wilson révélera plus tard que « Magic Man » parlait de son petit ami de l’époque, le manager du groupe Michael Fisher.

« Crazy On You », l’autre succès notoire de l’album, s’ouvre sur une introduction acoustique marquante, avant de passer à un arrangement plus serré, porté par des riffs de guitares acérés.

Ann Wilson possède un phrasé assuré. Son timbre est aussi séduisant que celui de Christine McVie, et son attaque hard rock brûlante n’est pas sans rappeler celle de Robert Plant.

Les comparaisons contemporaines ont mis en parallèle la présence vocale d’Ann Wilson avec celle de Plant pour son intensité et sa gamme, tandis que les éléments acoustiques du groupe ont été comparés à ceux du grand dirigeable (Led Zeppelin). Le 2 décembre 2012, au Kennedy Center de Washington, Heart proposera d’ailleurs une sublime version de « Stairway to Heaven » interprétée en live devant… Led Zeppelin et Barack Obama lui-même ! L’interprétation d’Ann Wilson arrachera d’ailleurs quelques larmes à Robert Plant !

À la sortie de « Magic Man », on lisait dans la presse de l’époque : « La production est directe et parfois brute, mais elle préserve la dynamique live du groupe plutôt que de la lisser pour lui donner un aspect pro. »

Après de très fortes ventes au Canada, « Dreamboat Annie » est sorti aux États-Unis, où le soutien des radios a rapidement élargi l’audience du groupe. Dans son contexte, « Dreamboat Annie » occupe une place particulière dans l’histoire du rock US du milieu des années 1970. Il a révélé un groupe dont la structure – deux sœurs au cœur du groupe – remettait en question les idées reçues sur le hard rock, tout en restant musicalement dans le vocabulaire établi du genre.

Bien que produit de manière rudimentaire, l’album possède une intensité rarement trouvée dans des disques plus raffinés. À la réécoute, la plupart des chansons comportent des arrangements confus et trop élaborés, mais ces insuffisances techniques importaient peu lorsqu’elles étaient associées à une voix aussi puissante, flexible et captivante sur le plan émotionnel que celle d’Ann Wilson. C’est sa performance qui donne sa cohésion à l’album, dont les thèmes sur l’amour surnaturel et l’hystérie sexuelle sont clairement définis.

Tout un programme, bien dans l’air du temps en 1976…

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