Marina Foïs et Guillaume Canet ensemble à l’écran dans « Darling »

Une femme est anonymement examinée d’urgence dans une petite clinique de province. Le praticien n’en revient pas. Elle est toujours vivante alors qu’elle présente des lésions et traces d’une maltraitance inqualifiable dans tout son corps. Cette dame se nomme Catherine Nicolle, dite « Darling ».
L’histoire d’une vie catastrophique débutant dès sa naissance, au sein d’une famille de paysans bourrus et aux trois quarts illettrés. La pauvre gamine est la cadette et seule fille du ménage, boulotte et dont on se fiche complètement de l’éducation. Elle entretient toutefois une passion pour les routiers. Faute de scolarité, elle apprend par cœur la nationalité des plaques minéralogiques et la signification de logos divers. Elle va d’abord vivre son rêve en devenant la « Darling » de la « CB » de sa région, à l’époque où le « portable » n’existait pas encore. Elle va tomber amoureuse d’un chauffeur lequel bientôt, va se comporter comme le plus odieux des maris. Ses malheurs surviennent dès qu’elle croit avoir trouvé une once de bonheur…
Furtivement sorti en novembre 2007 dans des salles en France mais aussi en Belgique, « Darling » est donc l’hallucinant portrait d’une femme qui devrait être ordinaire et qui ne l’est… pas du tout. Le pire, si on peut dire, est que le roman éponyme de Jean Teulé est inspiré par une histoire vraie. Ce natif de Saint-Lô (Manche normande) est malheureusement décédé en 2022 alors qu’il était jusqu’à la date fatidique, le compagnon d’une certaine… Miou-Miou depuis 1998. Un bail brutalement interrompu par une crise cardiaque, ce qui n’empêchera pas l’actrice de rebondir avec le brio qu’on sait, à l’âge de 76 ans depuis le 22 février.
Pas de Miou-Miou au générique de « Darling » mais bien une autre icône plus actuelle du cinéma hexagonal, la quinqua de 56 ans, et non pas native du 11e mais bien de Boulogne-Billancourt. Nous avons nommé Marina Foïs. Alors âgée de 36 ans, elle incarne de façon parfaitement crédible l’héroïne du récit dès son adolescence. Et là aussi s’applique le qualificatif précité. Une prestation d’autant plus hallucinante qu’elle est rejointe par un Guillaume Canet n’ayant pas lésiné pour incarner son très très vilain époux. Là aussi, on est dans le haut de gamme de l’époque. Idem pour Anne Benoît et Marc Brunet, en parents ignobles, alors que l’auteur Teulé joue le… gentil psy. On peut affirmer que ce troisième long-métrage de Christine Carrière est aussi son meilleur du moins en concurrence avec « Qui plume la lune ? » lui ayant valu le Bayard d’or 1999 du meilleur scénario au Festival international du film francophone de Namur. Une (re)découverte de mise et de surcroît.







