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« On m’a viré dans des conditions très particulières » : Patrick Sébastien très cash face à la présidente de France Télévisions

L’ancien présentateur a été interrogé dans le cadre de la commission d’enquête sur la neutralité du service public.
Par l’AFP
Temps de lecture: 2 min

Devant les députés, l’ancien animateur de France Télévisions Patrick Sébastien a accusé mardi la PDG du groupe public, Delphine Ernotte Cunci, de se conduire en « propriétaire » de l’entreprise.

À ses côtés, Michel Drucker, vieux routier fidèle au service public et ami de Patrick Sébastien a, lui, défendu pied à pied sa « maison ».

Ces deux personnalités du petit écran étaient auditionnées conjointement par la commission d’enquête parlementaire sur le financement et la neutralité de l’audiovisuel public.

Avec Michel Drucker, « on a une amitié indéfectible mais on n’a pas le même avis » sur Delphine Ernotte Cunci, patronne de France Télé depuis 2015, a lancé Patrick Sébastien.

« Pendant des années sur le service public, tout s’est merveilleusement passé », jusqu’à l’arrivée de Mme Ernotte Cunci, selon l’ancien présentateur de l’émission « Le plus grand cabaret du monde ».

« On m’a viré dans des conditions très particulières », les faibles audiences étant « un faux prétexte absolu », a-t-il jugé, en pointant que Nagui a repris des créneaux qu’il occupait.

Mme Ernotte Cunci « a choisi de faire la télé qu’elle voulait par rapport à ses idées à elle » mais « elle est présidente, pas propriétaire du service public », a estimé Patrick Sébastien.

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Pour sa part, Michel Drucker – cinquante-huit ans de service public au compteur – a dit ne pas avoir « senti un changement idéologique » lors de l’arrivée de Delphine Ernotte Cunci, dont il se félicite.

« Le service public est une grande réussite, qui gêne sans doute le privé », a-t-il encore fait valoir.

« Le service public, c’est ma vie, j’y ai tout appris », a ajouté sur une note plus personnelle le vétéran du PAF, âgé de 83 ans.

« On n’a pas beaucoup entendu parler du public et du service » devant la commission d’enquête, souvent agitée, a-t-il relevé, sans acrimonie.

« On a plu à un certain public. On est frères là-dessus avec Michel », a remarqué Patrick Sébastien, se présentant en homme nostalgique et blessé.

Les près de trois heures d’audition ont été traversées d’« énormément d’affect », d’après la députée écologiste Sophie Taillé-Polian.

Autre ancien présentateur, Jacques Cardoze a reconnu que « France Télévisions (lui) a tout donné » mais il en est parti « écœuré ».

À son arrivée à France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci avait froissé : « On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans » et « il va falloir que ça change ». Plusieurs figures avaient pris la porte : David Pujadas, Julien Lepers, Patrick Sébastien, William Leymergie…

Déjà auditionnée par la commission d’enquête, la dirigeante doit l’être à nouveau à la fin de ses travaux le 8 avril.

Les anciens chefs de l’État François Hollande et Nicolas Sarkozy, qui avaient été convoqués par le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, ne le seront pas. Ils ont invoqué « d’une part des motifs constitutionnels et d’autre part des procédures en cours » en justice, a indiqué l’élu Horizons.

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