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Une journaliste réclame 300.000 euros à Radio France

Giulia Foïs a réclamé un total d’environ 300 000 euros d’indemnités au groupe public Radio France mercredi devant les prud’hommes, pour « licenciement sans cause réelle et sérieuse ».
Par P.N. avec AFP
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Après l’arrêt de son émission sur France Inter, la journaliste Giulia Foïs a réclamé un total d’environ 300.000 euros d’indemnités au groupe public Radio France mercredi devant les prud’hommes, pour « licenciement sans cause réelle et sérieuse », a indiqué son avocate à l’AFP à l’issue de l’audience, et cité par Le Parisien.

La décision sera rendue le 1er juillet. La journaliste et productrice n’était pas présente à l’audience au conseil de prud’hommes de Paris.

Le litige porte sur la nature de ses contrats successifs avec Radio France, des CDD (contrats à durée déterminée) dits « d’usage » (CDDU). Ces contrats temporaires sont courants à la radio et à la télévision, où une émission peut ne pas être reconduite d’une saison sur l’autre. Le recours à ces contrats a déjà souvent entraîné des contentieux.

« Un licenciement sans cause réelle »

L’avocate de Giulia Foïs, Me Françoise Davideau, a demandé que les « multiples CDDU » de sa cliente soient requalifiés en CDI (contrat à durée indéterminée). Elle a fait valoir que cette dernière exerçait un « emploi durable » au sein du groupe public, où son premier contrat remonte à l’année 2000 et où elle a travaillé « sans interruption à partir de 2011 ».

Giulia Foïs en 2025.
Giulia Foïs en 2025. - Belga.

« On considère que la rupture de ce contrat est un licenciement sans cause réelle et sérieuse », a plaidé Me Davideau. Un argument rejeté par l’avocate de Radio France. La loi « autorise le secteur de l’audiovisuel à signer des CDDU », a souligné Me Christine Lecomte.

« La grille de programmes change, on ne va pas tous les ans laisser la même grille pendant 45 ans », a-t-elle argumenté.

« Un préjudice moral »

Selon Me Davideau, l’ensemble des demandes de sa cliente se monte à environ 300 000 euros, incluant des rappels de salaires ou de primes et une indemnisation pour « préjudice moral ».

À l’inverse, Me Lecomte a réclamé que Giulia Foïs soit « déboutée de l’intégralité de ses demandes », en contestant en outre le calcul des montants.

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Fin avril 2025, la direction de France Inter avait annoncé à la productrice l’arrêt de son émission sociétale « En marge » pour la saison actuelle. Elle était diffusée le samedi soir.

Me Davideau a assuré que la radio n’avait « rien proposé du tout » à sa cliente pour la suite et a fustigé « l’inhumanité » de la rupture de son contrat. Me Lecomte a rétorqué que « différentes propositions » avaient été faites à Giulia Foïs, notamment « un débat de société hebdomadaire », mais qu’elle les avait refusées.

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