Action « Tout le monde lit » : des auteurs dans les trains pour sensibiliser à la lecture

Seriez-vous prêt à abandonner votre smartphone pour prendre le temps de lire aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale du livre ? On le sait, presque chaque jour correspond à une « journée mondiale » dédiée à une cause. Pourtant, celle du livre semble plus nécessaire que jamais. On le constate, de moins en moins de personnes lisent. Une étude Statbel de 2024 montrait que près d’un Belge sur trois ne voyait pas l’intérêt de lire des livres. La deuxième raison était le manque de temps, et la troisième, les contraintes financières.
Un constat préoccupant. D’autant plus que parallèlement, les enseignants tirent la sonnette d’alarme depuis déjà plusieurs années : ils affirment que les élèves éprouvent de plus en plus de difficultés à écrire et lire.
Transmettre la lecture aux plus jeunes
Si les communautés « BookTok » et « Bookstagram » contribuent à promouvoir les livres et à raviver le goût de la lecture auprès des adolescents et jeunes adultes, leurs effets restent limités. Pour de nombreux acteurs du secteur, tout se joue dès le plus jeune âge. Il est donc essentiel d’écouter les enseignants et les professionnels du livre.
C’est dans cette optique que l’opération « Tout le monde lit » est organisée depuis des années dans les écoles. Son objectif ? « Faire en sorte que partout, et pour tous, ‘Tout le monde lit’ », comme l’indique le communiqué de presse, mais aussi améliorer la maîtrise du français.
Portée par l’Association des Éditeurs Belges (ADEB), l’initiative a évolué cette année. Grâce à une collaboration avec la SNCB, elle s’invite désormais dans les trains. « Il y a quelques années on s’est dit que ce serait bien de toucher les parents et le grand public, pour les sensibiliser eux et leurs enfants. Donc quoi de plus normal que de le faire là où ils sont : dans le train », explique Simon Casterman, président de l’ADEB.
Privilégier le livre au smartphone
Ce jeudi, de 9h17 à 12h17 et de 13h42 à 16h42, des auteurs issus des trois communautés linguistiques montent à bord d’un train circulant sur la ligne Ostende-Eupen. Jan Ducheyne, Anne Provoost, Herman Brusselmans et Lotte Dodion lisent des textes en néerlandais ; Anna Ayanoglou, Stéphanie Mangez, Aurélien Dony et Karel Logist en français ; tandis que Bernd Müllender propose des extraits en allemand. L’association aurait souhaité étendre l’opération à l’ensemble de la ligne, mais cela s’est révélé trop complexe à organiser. Le choix de cet itinéraire n’est toutefois pas anodin. Il traverse les trois régions du pays et ses différentes communautés linguistiques.
Pour les voyageurs qui n’ont pas emprunté ce train, l’initiative se déploie également dans les gares. Vingt-deux boîtes à livres, remplies d’ouvrages d’auteurs et d’autrices belges, ont été mises à disposition. Chacun peut y prendre un livre ou y déposer le sien.
L’idée est née d’un fait divers lu dans la presse par Simon Casterman. Un chauffeur de bus avait installé une boîte à livres dans son véhicule. « Habituellement, les gens se tournent vers leur téléphone lorsqu’ils voyagent. Un livre de poche permet pourtant de passer ce temps de manière très agréable », souligne-t-il.
À ses yeux, il est nécessaire de continuer à communiquer sur l’importance de la lecture. Pour lui, c’est le futur de la démocratie. « Y a-t-il deux mots plus proches que lire et élire, lecteur et électeur ? ».
« Tout le monde lit » se poursuivra ce vendredi 24 avril dans les écoles. Des membres de l’opération annonceront également les lauréats de leur concours proposé aux classes de primaire. Cette année, l’auteur Ludovic Flamant a rédigé un texte à compléter ou à illustrer par les enfants.
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