Programme télé de ce lundi 11 mai : notre sélection

Aaah, les films de gangsters… Aaaah, Al Pacino… Aaaah, Johnny Depp ! On a tout ça et bien d’autres qualités dans ce film devenu un grand classique de la fin du siècle dernier, une œuvre bientôt trentenaire qui n’a pas pris une ride. Pour rappel, c’est l’histoire vraie d’un certain Joseph D. Pistone, agent du FBI ayant infiltré l’une des cinq familles de la mafia new-yorkaise à la fin des « seventies ». Une affaire retentissante, aux States surtout. Et un best-seller écrit par l’intéressé lui-même, avec la collaboration de Richard Woodley, ultérieurement scripteur de deux séries télévisées consacrées au même sujet via les « familles » et un court-métrage ciblé sur « Johnny Brasco ». Dans l’histoire judiciaire de l’Oncle Sam, ce fut le premier cas d’infiltration retentissant, car il faut se rappeler que le big boss du « bureau fédéral d’investigation » bénéficiait des pleins pouvoirs sur tout ce qui était criminel au sens large. Selon ses critères, le fondateur Edgard J. Hoover ne voulait pas de ces agents « sous couverture », estimant qu’il s’agissait d’un métier « sale », lesdits enquêteurs risquant leur vie ou de se laisser tenter par des « changements de camp » ! Les résultats de Pistone ont fait changer d’avis la nouvelle direction des « fédéraux ». L’opération Donnie Brasco (du nom d’emprunt du gaillard) aura duré de 1976 à 1981, et « My Undercover Life in the Mafia » a été publié en 1988. Devenu « roi du déguisement », l’auteur a fêté ses 86 ans en septembre dernier et reste, de nos jours encore, un consultant très demandé par les… polices du monde entier, dont Scotland Yard.
Et le film ? Il est initié par « quelqu’un qui connaît quelqu’un », en l’occurrence un ami d’enfance de Pistone, Louis DiGiaimo, alors directeur de casting pour Barry Levinson, lui-même connu pour « Good Morning, Vietnam » et « Rain Man ». Le projet est contrarié par la sortie des « Affranchis » de Martin Scorsese au succès énorme, et traîne aux détriments d’un Stephen Frears initialement prévu derrière la caméra. Il sera remplacé par Mike Newell, sortant de « Quatre Mariages et un enterrement » presque sans transition comme aurait dit PPDA. Al Pacino et Johnny Depp sont aussitôt officialisés avec pour coach Pistone en personne. Durant les années de « pause forcée », on avait pensé à Tom Cruise, Andy García et John Travolta pour le rôle de Depp, et à Ray Liotta, Gabriel Byrne et Joe Pesci pour celui de Ruggiero (Pacino), la « taupe » complice involontaire ou non, assise entre deux chaises. On se rapproche des « Parrains » avec d’autres « tronches » telles que Michael Madsen, James Russo, Paul Giamatti et, côté féminin, la regrettée Anne Heche et la jeune Gretchen Mol. Ambiance et passion avec un duo d’enfer.
« Donnie Brasco » 22h40, Arte, quatre étoiles.








