Les fleurs dans l’Histoire : duperie à l’huile
Saint-Pétersbourg, 1829. Dans les cuisines des maisons russes, on chuchote, on s’interroge entre deux portes : va-t-on être châtié pour avoir contourné le dogme, bravé l’interdit ? Car en cette veille de Carême, alors que les dévots orthodoxes s’apprêtent à vivre quarante jours de privations culinaires, une huile dorée s’est invitée à la table des paysans. L’Église a listé les graisses interdites pour leurs ouailles pendant cette période : beurre, lard, et autres huiles. Mais elle a omis d’y ajouter celle d’une grande fleur jaune récemment débarquée d’Europe… le tournesol ! En s’engouffrant dans ce vide juridique ecclésiastique, le peuple russe fait du « Soleil du Pérou » sa bénédiction nationale : la privation se fera plus douce.










