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Sylvie Bianchi-Vos publie le journal de sa grand-mère : « Dans sa vie, il y avait le chant, l’amour et l’écriture »

En 1943, la cantatrice belge Nelly Mousset-Vos entre en résistance et finit déportée. Dans le pire des décors, un camp de concentration, naît l’amour de sa vie. 80 ans plus tard, sa petite-fille Sylvie publie son journal et brise les silences familiaux. Article réservé aux abonnés S'abonner
Par Rodrigue Jamin
Temps de lecture: 3 min

Dans un baraquement glacial du camp de Ravensbrück, le plus grand camp de concentration pour femmes construit par les SS sur le territoire du Reich allemand, une voix de mezzo-soprano s’élève au-dessus de la paille et de la crasse ce 24 décembre 1944. Nelly Mousset-Vos, 38 ans, Belge, déportée pour faits de résistance depuis trois semaines, chante des cantiques de Noël pour ses camarades d’infortune. Une déportée s’approche dans la pénombre et lui demande Madame Butterfly, l’opéra italien de Giacomo Puccini. Nelly s’exécute. Plus tard, dans le cahier qu’elle dissimule et remplit en secret, elle confiera la suite : « Battements de mains. Deux bras me serrent, deux baisers sur ma joue. Butterfly est devant moi, ses cheveux noirs, sa peau d’ivoire, ses yeux obliques. » L’inconnue s’appelle Nadine Hwang. La scène fonde l’une des plus improbables histoires d’amour du XXᵉ siècle. Personne, dans la famille de la Belge, n’en parlera.

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