Programme télé de ce lundi 27 juillet : notre sélection

La prénommée Justine est la secrétaire de Frank, un patron huppé qui ne recule devant rien pour assouvir ses plaisirs. Lorsqu’il lui demande d’organiser une petite escapade discrète afin de séduire une femme convoitée, il lui dégage le budget de 14.000 euros et ça tombe plutôt bien, car les affaires de son mari Albin et de sa bande de collaborateurs sont en rade. Albin va s’improviser capitaine d’une pénichette censée sillonner un de ces canaux touristiques traversant « le plus beau pays du monde ». Le gros problème est qu’il n’y a rien de vraiment attractif au long du parcours. Mais qu’à cela ne tienne : la troupe du pseudo-capitaine va jouer tour à tour les aubergistes, cuisiniers, tenanciers de guinguette et même éclusiers ! Jusqu’où l’imbu Frank va-t-il avaler toutes les couleuvres de la supercherie ?…
Sacré Bruno Podalydès, révélé en compagnie de son inséparable frangin Denis, par un moyen-métrage qui fait le buzz en 1992, intitulé « Versailles Rive-Gauche », d’abord apparu trop discrètement en salles, puis méritoirement vanté par le bouche-à-oreille et césarisé un an plus tard ! Devant le refus du CNC d’accorder les subsides, les acteurs avaient accepté de jouer gratuitement, dont Isabelle Candelier, Michel Vuillermoz, Philippe Uchan et Jean-Noël Brouté. Son cadet Denis deviendra prioritairement acteur et lui… les deux, avec quelques brillantes réussites à la clé, tels « Le parfum de la dame en noir », « Adieu Berthe », « Comme un avion », « Bécassine ! » et autres « Deux Alfred », et deux-trois plantages du genre « Wahou ». Avec cette « Petite vadrouille », on est plutôt du bon côté, dans un vaudeville pur jus, censé de son propre cru autobiographique vu qu’il adore le tourisme fluvial. On ne peut toutefois s’empêcher de repenser illico au « Baron de l’Écluse », mémorable adaptation par Jean Delannoy et Maurice Druon (défunt secrétaire perpétuel de l’Académie française, neveu de Joseph Kessel, auteur des « Rois maudits », Goncourt des « Grandes familles ») d’après Simenon, dialogué par Audiard et joué par Gabin, avec la divine Micheline Presle et sa rivale aubergiste Blanchette Brunoy.
En l’occurrence, Daniel Auteuil et le frangin Denis roucoulent à qui mieux mieux autour d’une Sandrine Kiberlain qu’on n’avait jamais vue aussi sexy, ce qui est déjà en soi très drôle, et le résultat est en effet savoureux. Le reste est plutôt « comme ci comme ça »… comme disait feu Fufu, co-vedette de la « Grande vadrouille » celle-là. Celle-ci s’inscrit dans le retour en force du nanar. Et on ne s’en plaint pas.
« La Petite Vadrouille », 20h18, La Une.







