Programme télé de ce samedi 22 août : notre sélection

Paris, 1827. Une bande de jeunes artistes en a assez du classicisme académique et décide de tout bousculer. Autour de Victor Hugo, Alexandre Dumas et Eugène Delacroix se forme un mouvement qui va réinventer la peinture, la littérature et la musique : le romantisme. Leur credo tient en un tableau : en 1827, « La Mort de Sardanapale » de Delacroix choque le public et devient l’étendard du mouvement.
Dans la foulée, Hugo fait scandale avec « Hernani », Balzac publie « La Peau de chagrin », Berlioz compose la « Symphonie fantastique ». Une génération entière impose sa manière de voir et de créer, portée par une énergie qu’on croirait empruntée à ses voisins anglais et allemands.
Autour du trio fondateur gravitent Chopin, Gautier, George Sand ou Berthe Morisot, chacun venu chercher dans cette effervescence de quoi inventer sa propre voix. Leurs armes ne sont pas seulement des pinceaux ou des plumes : à plusieurs reprises, elles deviennent de vraies armes, et ces jeunes gens se retrouvent souvent sur les deux fronts à la fois.
Mais l’Histoire ne leur laisse pas le temps de savourer leur triomphe. En juillet 1830, les Trois Glorieuses font vaciller le régime de Charles X, et Dumas prend les armes aux côtés du peuple. La prison de Sainte-Pélagie se remplit de penseurs, de journalistes ruinés et de poètes contestataires, parmi lesquels Gérard de Nerval. Le caricaturiste Honoré Daumier y séjourne aussi, lui qui a immortalisé le roi Louis-Philippe sous les traits d’une poire.. Ce soir sur ARTE, la série documentaire animée « L’armée des romantiques » retrace cette décennie où l’art et la politique se sont mêlés jusqu’à se confondre.
Réalisée par Amélie Harrault, César du meilleur court métrage pour Mademoiselle Kiki et les Montparnos et déjà autrice des Aventuriers de l’art moderne, elle donne vie en animation traditionnelle 2D à Hugo, Sand, Delacroix, Baudelaire, Manet, Nadar, Courbet, Flaubert et bien d’autres.
Cécile de France prête sa voix à cette fresque qui court de 1824 à 1870, et qui suit ces artistes de leur jeunesse rebelle jusqu’aux fondations de la modernité qu’ils ont posées, avec des combats qui résonnent étrangement avec les nôtres.
Notons que trois autres épisodes seront diffusés à la suite. À 20h55, « La révolution romantique (1827-1832) », pose les bases du mouvement. Passionnant.
« L’armée des romantiques », Arte, dès 20h55.







