Le dernier voyage du roi Harald
À midi, les portes du palais royal s’ouvrent. Le cercueil apparaît, recouvert de l’étendard royal rouge frappé du lion d’or. Vingt et un coups de canon retentissent depuis la forteresse d’Akershus. Puis le cortège s’ébranle lentement vers la cathédrale d’Oslo. Dans les rues, des milliers de Norvégiens se sont massés depuis le matin. Derrière le roi mort marche déjà le roi vivant : Haakon VIII. À ses côtés, la reine Mette-Marit et Ingrid Alexandra, 22 ans, devenue princesse héritière. Trois générations changent de place derrière un même cercueil.
Et puis il y a Sonja. Cinquante-huit ans de mariage, après neuf années durant lesquelles Harald avait dû batailler pour obtenir le droit d’épouser cette jeune roturière. Sur la couronne de fleurs déposée auprès de son mari, cinq mots : « Merci pour cette belle vie. » Quelques syllabes pour résumer près de soixante-dix ans d’amour. Tout le protocole tient soudain dans une phrase.










