La myopie gagne du terrain

C’est une nouvelle inquiétante qu’il ne faudrait pas perdre de vue. La myopie progresse au niveau mondial et les Belges ne font pas exception. Les jeunes, encore en pleine croissance et dont le globe oculaire continue donc de se développer, sont particulièrement concernés. D’après le Belgian Myopia Group (association belge regroupant une vingtaine d’ophtalmologues pédiatriques), près de 50 % des jeunes seraient déjà concernés, qu’ils soient myopes ou en voie de le devenir. Les médecins de cette association suivent de près la recherche internationale en la matière car la myopie n’est pas seulement un trouble de plus en plus précoce, elle est aussi devenue plus sévère. Il faut savoir tout d’abord qu’un œil myope est un œil « trop long », ce qui fait que l’image se focalise devant la rétine au lieu de le faire sur la rétine. Il s’agit d’un défaut visuel qui apparaît entre 7 et 13 ans, qui peut s’aggraver encore durant la puberté et se stabilise en principe entre 18 et 25 ans.
La plupart du temps, l’origine de cette pathologie est héréditaire. Mais force est de constater que l’amplification du phénomène au cours des dernières années s’explique également par des facteurs liés aux nouveaux modes de vie, inconnus autrefois, qui privilégient les activités d’intérieur au détriment de celles en plein air. Quel est le rapport, vous demandez-vous ? Eh bien, il faut savoir que l’exposition à la lumière naturelle favorise la synthèse de la vitamine D, mais aussi la libération de la dopamine, un neurotransmetteur essentiel pour le développement et le bon fonctionnement de l’œil. Des qualités que ne procure évidemment pas la lumière artificielle. Or, actuellement, depuis plusieurs années, le temps passé sur écran (ordinateur, téléphone, tablette) par les enfants et les ados d’abord, les adultes ensuite, n’a fait qu’augmenter. Ils passent ainsi beaucoup moins de temps à l’extérieur, ce qui réduit fortement leur exposition à la lumière naturelle. Par ailleurs, les heures passées sur écran (mais aussi la lecture de livres) signifient une utilisation fréquente et prolongée de la vision de près, ce qui fatigue l’œil et favorise encore son allongement.
Traiter absolument
Alors, à l’heure actuelle, comment prévenir ou freiner au maximum l’apparition de cette pathologie ? En évitant l’exposition aux écrans aux jeunes enfants et en limitant ce temps accordé aux jeunes. En leur conseillant, lorsqu’ils sont face à un écran, de faire une pause toutes les 20 minutes, en regardant le plus loin possible, par la fenêtre de préférence, pendant au moins 20 secondes, histoire de reposer leurs yeux. La distance entre soi et l’écran/le livre doit être d’au moins 30 cm. En leur enjoignant à tous d’aller jouer ou faire du sport à l’extérieur, le plus souvent possible, au moins deux heures par jour. Une balade à vélo, une partie de foot, de tennis ou de cache-cache, la participation aux mouvements de jeunesse, une promenade en forêt, les jeux dans la cour de récré… tout est bon pourvu que cela se passe dehors ! Il faut savoir aussi qu’il en va de même que pour la santé générale : une alimentation saine et équilibrée ainsi qu’une bonne hydratation contribuent également à la santé oculaire.
La consultation d’un ophtalmologue s’impose enfin (la myopie accroît le risque d’anomalies rétiniennes), tous les six mois s’il s’agit d’une myopie évolutive, qui permettra de détecter ce défaut de réfraction précocement et de le traiter le cas échéant avec des verres à dioptrie négative qui corrigent la vision floue ou éventuellement des verres dits « freinateurs » (prometteurs mais à l’efficacité pas encore totalement prouvée, précise la Ligue Braille dans l’un de ses articles) qui ralentissent l’allongement de l’œil chez l’enfant et l’adolescent.









