La Belgique de l’entre-deux guerres : « T’as minti, Spake ! »
Paul-Henri Spaak allait courageusement meetinguer dans toute la Wallonie, portant la bonne parole jusque dans les fiefs incandescents du Pays noir, où l’extrême gauche de son parti flirtait avec les communistes et où, quelquefois, quelqu’un l’interrompait en criant avec l’accent du cru : « T’as minti, Spake ! »
Il n’était pas rare qu’il réussit à retourner la salle. Parmi les gradés de son parti, en revanche, les Isabelle Blume et les Albert Marteaux (qui devaient finir par rallier le P.C.), les Fernand Brunfaut, il avait plus de mal. Le 1er mai 1937, ni Spaak ni De Man ne participèrent au cortège, à l’issue duquel Émile Vandervelde, le feutre en bataille par-dessus la chemise bleue et la cravate rouge, s’écria : « J’ai beau être le grand-père du Parti, je n’en demeure pas moins l’ami des Jeunes Gardes. » On l’acclama. Partout où il prenait la parole, le « patron » s’appliquait d’ailleurs à faire huer le « socialisme national » et ses promoteurs.










