Fracture du pénis, vrai danger ou fausse rumeur?

Fracture du pénis, vrai danger ou fausse rumeur?

Il y a bien longtemps que les hommes n’ont plus d’os dans le pénis. Il y a quelque 2 millions d’années que nos ancêtres ont perdu le baculum de leur sexe, ce petit os souple détaché du squelette, alors que la plupart des mammifères en ont toujours un. La fracture du pénis est-elle dès lors un mythe ? Le pénis masculin peut-il se briser comme un vulgaire os ?

En réalité, le terme de fracture est inapproprié car le pénis en érection ne souffre pas d’une fracture mais d’une déchirure de l’albuginée qui est la membrane entourant les muscles lisses des corps caverneux du pénis. On utilise ce terme parce que l’accident produit un véritable « crac » et que le sexe masculin est alors au maximum de son érection, aussi rigide qu’un… os. Et après le bruit aussi audible qu’explicite, le sexe se plie en deux, se déforme sous l’apparition d’un hématome et vire au mauve ; le sang qui gorgeait les corps caverneux se répandant partout dans la verge… Le spectacle est des plus impressionnants. Il serait même plus effrayant que douloureux, même si la souffrance est bien présente.

Mais que l’on se rassure, cet accident est des plus rares. Une étude brésilienne publiée en 2014 (Advances in Urology) a fait état de 42 fractures du pénis dans les grands hôpitaux de Sao Paulo sur une période de 13 ans. Mais étonnamment, une autre étude menée cette fois en Iran et publiée en 2000 (The Journal of Urology) a rapporté pas moins de 172 cas en 10 ans. Dans ce pays, le problème est lié à une pratique relativement courante, le « taghaandan », qui consiste à appuyer fort sur la verge et la tordre d’un coup pour accélérer la fin de l’érection. On croque son sexe comme on peut faire craquer ses articulations…

Ce sont essentiellement des hommes jeunes – entre 20 et 40 ans – qui sont touchés par ce faux pas coïtal. Et pour cause… il faut que l’érection soit bien dure et le comportement fougueux. Dans la passion des ébats, un homme peut vouloir pénétrer rapidement sa partenaire et se heurter à l’os du pubis. Certaines positions sont également plus propices que d’autres à cette pathologie. L’étude brésilienne de 2014 a établi que la position de l’Andromaque était responsable de 50 % des fractures car lorsque la femme est au-dessus de l’homme, elle contrôle le mouvement avec le poids de son corps qui repose entièrement sur le sexe en érection. Mais si la pénétration est mal engagée, elle peut ne pas s’en rendre compterapidement et ne pas interrompre les mouvements. Toujours selon cette étude, après l’Andromaque, les positions de la « levrette » (à l’origine de 29 % des cas) et du « missionnaire » (21 % des accidents) ont été impliquées dans une fracture du pénis.

Mais quelle que soit l’origine de ce problème – rare, il faut le souligner -, l’important est de consulter rapidement. On oublie toute gêne ou honte et on file aux urgences car il vaut mieux traiter le problème dans les 12 à 24 heures. Si la déchirure est importante, une opération chirurgicale peut s’imposer pour éviter d’éventuels futurs problèmes d’érection ou d’incontinence. Une étude de 2011 menée auprès de 77 patients (J. Trauma) a établi que 96 % des patients opérés retrouvaient une érection satisfaisante après l’intervention chirurgicale mais que parmi ceux qui n’avaient pas bénéficié de cette opération, 50 % souffraient de troubles de l’érection.

 
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