#MeToo: Alyssa Milano se confie sur le viol qu’elle a subi alors que les caméras «tournaient encore»

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Alyssa Milano est à l’origine du hashtag mondialement connu #MeToo. Lancée il y a tout juste deux ans, cette campagne dénonçait le harcèlement et les agressions sexuelles vécues par les femmes, notamment dans l’industrie du cinéma. Avec cela, la chute d’un monstre d’Hollywood, Harvey Weinstein. L’actrice Alyssa Milano avait exhorté les femmes à parler et s’était livrée, elle aussi. Mais de son côté, il y a un événement qu’elle avait tenu à garder pour elle.

>Alyssa Milano, à l’origine du #MeToo, explique en larmes le mouvement à sa fille de 4 ans (vidéo)

« Un homme dix-sept ans plus vieux que moi »

Pour les deux ans du hashtag, elle a finalement décidé d’en parler. L’histoire remonte à 1993, alors que l’actrice n’a même pas 21 ans, un an, donc, après la fin de la série « Madame est servie » qui l’a révélée au grand public. « J’ai déjà partagé mes autres histoires #MeToo, mais je n’ai jamais raconté celle-là publiquement avant », s’aventure-t-elle pour le podcast « Sorry not sorry ». « C’est toujours très difficile d’en parler », s’étrangle-t-elle.

Les détails livrés par la comédienne américaine sont glaçants : « L’un des films que je devais tourner avait une scène dans laquelle je devais faire l’amour avec un homme de dix-sept ans plus vieux que moi. Mais les professionnels savent gérer ce genre de situation de manière appropriée, sans dépasser les limites et avec un degré de confiance qui est important. Les prédateurs ne peuvent pas. L’homme qui m’a agressée n’était pas un professionnel ».

Six heures de tournage avec celui qui venait de l’agresser

Elle poursuit, émue plus de 25 ans après les faits : « Il a profité d’un instant de vulnérabilité de ma part pour mettre ses mains sous mes sous-vêtements et tenter de me pénétrer avec ses doigts. Il m’a violée sur le tournage alors que les caméras tournaient. Je pleurais, j’étais angoissée et j’étais furieuse. » Face à l’événement, le réalisateur demande à l’actrice, juste après l’agression, s’il doit « appeler la police ». Personne ne le fera.

Pire : après deux heures à fulminer dans sa loge, l’actrice est retournée devant la caméra : « J’ai continué, pendant six heures, à tourner la scène avec l’homme qui venait de m’agresser », car elle « portait le poids du film sur ses épaules ». Le nom de son agresseur – son « prédateur » comme elle l’appelle –, Alyssa Milano a choisi de ne pas le livrer malgré le fait que ce « père de famille » continue d’évoluer dans de « grosses productions » du côté d’Hollywood : « J’ai vraiment voulu donner son nom aujourd’hui. Je souhaitais qu’il souffre de la même manière dont j’ai souffert, qu’il voit ce que cela fait de voir son monde s’écrouler… »

 
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Signé Stéphane Bern