«Je dis aux hommes: violez les femmes»: les propos choquants d’Alain Finkielkraut sur LCI (vidéo)

Alain Finkielkraut et Caroline de Haas s’écharpent sur le plateau de LCI. Avant le dérapage du premier sur le viol.
Alain Finkielkraut et Caroline de Haas s’écharpent sur le plateau de LCI. Avant le dérapage du premier sur le viol. - Capture d’écran - Twitter

« Violez, violez, violez ». Une touche d’humour ? C’est ce que David Pujadas a en tout cas indiqué. Il n’empêche que ces propos ne relèvent pas du tout de l’humour et qu’ils tombent comme une épaisse touffe de cheveux dans la soupe à l’heure où le viol n’est pas une blague et est un véritable sujet de société qu’il convient de traiter avec tout le sérieux possible.

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L’intervention d’Alain Finkielkraut suscite la polémique alors que les révélations sur les agressions sexuelles dans le monde du cinéma se multiplient. Il y a d’abord eu l’enquête de Mediapart révélant les agissements du réalisateur français Christophe Ruggia à l’encontre de l’actrice Adèle Haenel qui a par la suite témoigné des agressions sexuelles qu’elle a subies. Il y a ensuite la sortie polémique du film « J’accuse », signé Roman Polanski alors que ce dernier est accusé par de multiples femmes de viols. Une dernière a récemment témoigné.

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Caroline de Haas et Alain Finkielkraut, farouches oppositions

Sur LCI, le thème du viol, et plus encore de la notion de viol, s’est retrouvé, à un moment donné, au cœur du débat lors de l’émission présentée par David Pujadas, « La Grande confrontation ». Au menu de cette émission, des personnalités venues de différents domaines et qui débattaient autour d’une question principale : « Toutes les opinions sont-elles bonnes à dire ? » Parmi les invités, Alain Finkielkraut. Mais aussi Caroline de Haas, militante féministe, notamment à l’origine du hashtag #NousToutes.

Ces deux-là se sont donc écharpés au moment de discuter des différentes affaires de viol qui rythment l’actualité médiatique des derniers mois. Forcément, Alain Finkielkraut avait un avis très tranché sur la question, comme le notent nos confrères de Télé-Loisirs. « Le politiquement correct, ce n’est pas la bienveillance. Il y avait autrefois le viol. Aujourd’hui, il y a la culture du viol… », lance-t-il, peu clair. Une première remarque qui passe mal. Caroline de Haas fait déjà les gros yeux.

« Il y a toujours le viol, essayez de comprendre ce que je dis quand même ». Pas facile ! « On parlait autrefois de viol et on dénonçait le passage à l’acte : la pénétration forcée. Aujourd’hui, il y a la culture du viol qui englobe les blagues salaces, les dragueurs lourds, les attouchements, et jusqu’à la galanterie. Ainsi assiste-t-on à l’extension de ce concept de sexisme. Il y aurait en France de nombreux violeurs en puissance… », disserte le polémiste.

« Je viole ma femme tous les soirs »

Sur le plateau, ont ensuite été rappelés la blague de Tex qui lui avait valu sa place sur France Télévisions ou encore le célèbre sketch de Jean-Marie Bigard, « Le lâcher de salopes » ! Des histoires qui touchent Caroline de Haas qui y voit « la banalisation de la réalité de ce que subissent des milliers de femmes en France ».

Il est 22h10 très précisément, Alain Finkielkraut voit rouge : « Violez, violez, violez. Je dis aux hommes   : violez les femmes. D’ailleurs je viole la mienne tous soirs et elle en a marre ». Malaise sur le plateau de LCI, si tant est que le mot malaise soit assez fort. David Pujadas tente de maîtriser le débat en indiquant qu’il s’agit de « second degré » du côté de l’écrivain (qui ne le confirme pas). Humour ou pas, ça ne fait rire personne. Caroline de Haas, la première : « Vous n’avez pas le droit de dire ça et ce n’est pas drôle ».

Sur les réseaux sociaux, la séquence épinglée qui incite au viol fait beaucoup réagir, sans surprise. Le compte officiel de l’organisation NousToutes a réagi, indiquant qu’Alain Finkielkraut « banalise le viol et insulte toutes les femmes victimes de viol conjugal ». NousToutes a ensuite indiqué à ses abonnés la marche à suivre pour signaler la séquence au Conseil supérieur de l’Audiovisuel. Il y a fort à parier que le CSA a déjà reçus de nombreuses plaintes face à de tels propos.

 
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