Derrière Spike Lee, premier président noir du festival de Cannes, où en est la diversité au cinéma ?

Derrière Spike Lee, premier président noir du festival de Cannes, où en est la diversité au cinéma ?
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C’est un événement qui mérite d’être relevé : le festival de Cannes va avoir un président du jury noir : le réalisateur américain Spike Lee. L’annonce a de quoi interpeller alors que les grandes cérémonies du cinéma (Oscars, BAFTA, Golden Globes…) ont été critiquées ces derniers jours pour leur manque de diversité.

Le premier à être surpris est même Spike Lee en personne : « Quand on m’a appelé pour devenir président du jury [...], je n’en suis pas revenu, j’étais à la fois heureux, surpris et fier [...] d’être la première personne de la diaspora africaine » à avoir cet honneur, dit-il. Mais à part ce fait notable, où en est-on dans la problématique de la diversité au cinéma, autant féminine que pour les minorités ?

Des femmes plus visibles... avec des bémols

Pour aborder la question, on commence par la gente féminine. Pour prendre le pouls de leur présence à l’écran, le think thank « USC's Annenberg Inclusion Initiative » a établi en 2019 des statistiques avec les 100 films les plus vus de chaque année depuis 2007 jusque 2018.

Bilan : l’année 2018 établi (de peu) un record. Cette année-là, jamais autant de rôles n’ont été attribués aux femmes. Cela dit, on reste loin de la parité avec 33,1 % des rôles (contre 29,9 % en 2007). Si l’on ne s’intéresse qu’aux personnages principaux, les femmes représentent presque quatre personnages sur dix. Encore une fois, c’est mieux qu’en 2017 (33 % des rôles principaux cette année-là).

Mais là où le bas blesse, c’est dans la représentation de ces femmes à l’écran. Presque 30 % de celles-ci sont montrées comme étant « sexuellement attirantes » dans les films et 27,3 % sont dénudées. C’est beaucoup plus que pour les hommes : respectivement 7,4 % et 8,5 %. Ce phénomène est d’ailleurs en expansion par rapport à 2017.

Enfin, les femmes parlent 33 % du temps, avec donc 67 % pour la gente masculine. En France, « l’Obs » s’est amusé en mars 2019 à calculer ce qu’il en est en France avec quelques films parmi les plus vus. Résultat : les femmes n’ont qu’un quart du temps de parole.

Minorités : là aussi, peut mieux faire

Quant aux minorités ethniques, qu’en est-il ? Comme pour les femmes, on constate une (très) récente amélioration. De 2007 à 2017, presque rien n’avait changé. Les blancs prenaient toujours autant de place, à peu de choses près. En 2018, les lignes bougent. On passe de 70 % de rôles blancs à 63,7 %, surtout en faveur des afro-américains.

Mais là également, il faut relativiser. Les acteurs noirs ne représentent toujours que 16,9 % des personnages. La situation s’est même empirée pour d’autres communautés. C’est le cas des Hispaniques, passant de 6,2 à 5,3 % des rôles. Enfin, sur 4.387 personnages, on ne compte seulement que 33 gays, 17 lesbiennes, 8 bisexuels et… aucun transgenre.

D’autre part, il faut voir quels rôles sont donnés à ces minorités. En France, plusieurs actrices noires se sont regroupées en 2018 dans un collectif appelé « Noire n’est pas mon métier ». Elles dénoncent la répétition des rôles qui leur sont données, toujours conformes aux préjugés, toujours liés à la banlieue.

 
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