Discours d’Elisabeth II: qu’en pense la presse britannique?

Discours d’Elisabeth II: qu’en pense la presse britannique?
Capture d’écran Youtube

C’est sa quatrième allocution depuis le début de son règne, il y a 68 ans. Autant dire que ce 5 avril est une date à marquer au fer rouge. Nombreux étaient donc ceux qui ont regardé leurs télévisions pour entendre Elisabeth II s’adresser aux Britanniques depuis son château de Windsor où elle est confinée. Son discours a bien évidemment été décortiqué par la presse britannique. Un premier constat : les journaux sont enthousiastes, mais certains y voient aussi un désaveu pour le gouvernement britannique.

Un discours « touchant »

Il y a d’abord les titres de presse qui ne sont que dans l’émotionnel, sans aucune prétention d’analyser véritablement le discours de la reine. C’est le cas de « The Sun » qui titre sur une reine qui « a donné à son peuple le réconfort dont il avait besoin en 500 mots ». Le tabloïd note qu’elle a donné un « compte-rendu très personnel de ses sentiments », alors qu’elle comparait l’épreuve du confinement avec la séparation de familles pendant la Seconde Guerre mondiale. « Son discours est le plus difficile qu’elle ait jamais eu à faire en temps de paix. Il n'y a personne de plus rassurant pour rallier le pays à un moment aussi inédit », conclut « The Sun ».

« The Express » reste plus dans la description du discours mais note que la reine a fait « un très profond et personnel message d’espoir ». « Elle a fait un appel sincère et touchant à la nation et au Commonwealth ». « Touchant », c’est aussi le mot utilisé par le « Daily Mail » qui se lance dans le jeu des comparaisons. « Il est clair qu'elle a été inspirée par le discours que son père, George VI, a fait au début de la Seconde Guerre mondiale quand il a parlé de temps sombres qui se profilaient tout en espérant que l'esprit britannique vaincrait ». « La Reine nous a redonné du réconfort, de l'espoir et un appel d'union dont nous avions besoin, maintenant plus que jamais » titre « The Telegraph ».

Boris Johnson lui vole la vedette malgré tout

Il y a malgré tout quelques points plus litigieux, retenus surtout par les journaux plus à gauche. Il n’est pas question ici de critiquer la reine, loin de là, mais plutôt de douter de personnes qui pourraient se sentir visées par ce discours. C’est le cas du « Independant » qui titre : « Est-ce que cette génération serait à la hauteur de la tâche ? », en référence à la demande de la reine de rester fort pour que les générations futures se souviennent de l’effort du peuple britannique. « Bien sûr, il y en a plein qui vont ignorer son message, tout comme lorsque son père avait appelé à l’unité contre Hitler […]. J’espère qu’elle ne sera pas déçue quand arrivera le moment pour nous de nous revoir », écrit le journaliste Sean O’Grady en référence au passage phare du discours : « We will meet again » ( »nous nous retrouverons »).

Un autre point est celui du rapport avec le gouvernement : à aucun moment elle ne fait référence aux efforts de celui-ci pour lutter contre le coronavirus. Selon « The Guardian », elle ne porterait pas Boris Johnson dans son cœur, d’où ce manque. « Le sous-entendu est sans appel. Si le pays doit survivre, il le ferait grâce au dévouement collectif de son peuple, pas grâce à un gouvernement qui a été si lent à réagir », continue-t-il.

A noter propos du gouvernement britannique : si tous les journaux britanniques ont bien parlé du discours de la reine, c’est Boris Johnson qui finit ce matin sur toutes leurs unes. Son admission à l’hôpital a été jugée plus historique et plus important que le discours de la reine qui pâtit de ce concours de circonstances.

 
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