Un remède de cheval contre la déprime du confinement (photos)

« Tout le monde doit vivre avec les restrictions liées au coronavirus mais Jenny est tout aussi libre qu’avant  », lance Anna Weischedel, sa propriétaire. Car depuis plus de dix ans maintenant, Jenny trotte seule chaque jour dans le quartier résidentiel de Fechenheim, à Francfort, traversant même sans crainte des voies de tram. En attendant que le cheval libère la voie, une conductrice sort ce jour-là son téléphone pour prendre des photos.

La destination préférée de Jenny : une petite forêt et un champ à proximité du Main, la rivière qui traverse la ville et où elle passe la plupart de ses journées à brouter l’herbe. Sur le chemin, une joggeuse la salue. Pendant le périple, le pur-sang arabe ne semble même pas remarquer les caresses des passants, encore plus ravis que d’ordinaire de l’apercevoir. « Les gens semblent la remarquer davantage car ils ont davantage de temps maintenant », raconte Mme Weischedel, 65 ans, à l’AFP. « Beaucoup la caressent, peut-être car le contact humain leur manque. »

Comme ailleurs, les écoles, aires de jeu et commerces non essentiels ont été fermés en Allemagne pour ralentir la propagation de la pandémie de coronavirus et, malgré quelques assouplissements récents, les habitants sont toujours encouragés à limiter les contacts et à garder leurs distances. Mais rien n’interdit de faire des câlins à Jenny.

« Pas échappée »

« Cela me rend heureux de voir Jenny, elle nous manque quand on ne la voit pas lors de nos balades  », confie Gaby Marxen, 61 ans, deux chiens en laisse. « Mon frère et moi, on aime la caresser  », s’amuse aussi Johanna, 8 ans. « Je ne me suis pas échappée, je fais juste une promenade  » : pour éviter les malentendus, Jenny porte en permanence autour du cou une pancarte rouge. Car dans le passé, des passants ont alerté la police, raconte Mme Weischedel. L’excursion se termine vers 16h quand son mari Werner, 80 ans, part en scooter électrique à la recherche de la jument le long de sa route habituelle pour lui dire de rentrer. « Alors, elle revient lentement  », raconte cet ancien fleuriste.

Le cheval n’a jamais causé de problèmes, au contraire : les autorités locales ont même accueilli avec bienveillance sa célébrité. « Jenny est une jument très patiente, il en faut beaucoup pour la stresser  », dit Mme Weischedel. La seule chose qui déstabilise l’équidé sont les feux d’artifice du Nouvel An ; un trait commun avec Werner Weischedel, toujours hanté par le bruit des bombardements de Francfort pendant la Seconde Guerre mondiale quand il était enfant. « On passe le Réveillon ensemble à se cacher dans un coin  », s’amuse-t-il. Le couple, qui a aussi une centaine d’oiseaux et des chihuahuas, reste optimiste face à la pandémie. « On a survécu à la guerre, on va survivre au coronavirus », lâche M. Weischedel.

AFP

 
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