La circoncision modifie-t-elle la sexualité?

La circoncision modifie-t-elle la sexualité?
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Quelque 661 millions d’hommes de plus de 15 ans sont circoncis dans le monde  selon l’OMS (chiffres de 2009) ! L’ablation du prépuce, la peau qui recouvre le gland du pénis, est pratiquée aujourd’hui pour des raisons très différentes, tant religieuses et culturelles qu’hygiéniques et médicales. La religion juive la pratique très tôt, avant 8 jours, la religion musulmane avant 8 ans et la culture animiste à 14 ans. Les pays anglo-saxons, l’Amérique, le Canada et la Grande-Bretagne l’ont longtemps défendue pour des raisons hygiéniques (et même morales, on croyait au XIX e siècle qu’enlever le prépuce allait diminuer la masturbation). Parfois l’intervention est d’ordre médical, préconisée pour dépasser les pathologies qui entraînent un rétrécissement du prépuce, créant une gêne au repos et en érection ou uniquement en érection.

Mais cette pratique si courante modifie-t-elle la sexualité masculine ? Rend-elle l’homme moins sensible ? Plus endurant ?

Impossible de répondre

Dans son ouvrage « Mon sexe et moi », le dr Marc Galiano, urologue, andrologue, chirurgien et président de l’Association pour la recherche Scientifique en Andrologie et Urologie et la journaliste Rica Étienne répondent de façon des plus nuancées : « impossible de conclure » et de dire si la sexualité est améliorée ou pénalisée par la cironcision. Les pros et les antis, nous expliquent-ils, « trouveront toujours des études scientifiques qui iront dans leur sens. En étant prudents, nous pouvons juste vous affirmer que ceux qui choisissent la circoncision pour des raisons médicales ou par conviction religieuse, ont une motivation qui dépasse de loin la perte du prépuce. »

Pas de fonction sexuelle au prépuce

Mais les auteurs ne se contentent pas de cette réponse de Normand qui nous laisse sur notre faim, ils nous expliquent que le prépuce n’a aucune fonction sexuelle puisqu’il contient peu de récepteurs destinés à la sexualité et au plaisir. Sa fonction est essentiellement celle d’une « barrière » ; il est là pour protéger le gland.

Ils précisent encore que la circoncision n’épaissit pas le gland contrairement à ce que l’on entend. « En vieillissant, le phénomène de kératinisation est identique chez tous les hommes, qu’ils soient circoncis ou non. En revanche, le gland est plus sec chez les hommes circoncis mais tout cela ne modifie pas le plaisir.»

Et les femmes ?

Autant d’informations qui nous permettent de ne pas nous inquiéter pour les sensations érotiques des circoncis. Le dr Galiano et Rica Étienne vont plus loin. Ils s’interrogent sur l’impact de la circoncision sur les partenaires et précisent que des « études ont montré que les femmes sont moins sujettes aux infections sexuellement transmissibles et à certains virus comme celui du papillomavirus et de l’hépatite. Les femmes interrogées préfèrent aussi un sexe circoncis pour des raisons d’hygiène. Toutefois le désir est aussi cérébral : certaines femmes disent clairement ne pas pouvoir faire l’amour avec un homme non circoncis (elles ont intégré inconsciemment l’interdit et la norme religieuse) ; d’autres trouvent le sexe circoncis moins joli parce que trop « nu » et, de ce fait trop « impudique » ; d’autres encore n’ont pas d’avis sur la question et chez elles le prépuce tient une modeste place dans cette affaire quand l’attirance sexuelle ou l’amour s’en mêlent. »

Voilà pour la circoncision mais l’ouvrage « Mon sexe et moi » abordent bien d’autres questions. On en cite quelques-unes : Les extenseurs de verge sont-ils risqués ? Pourquoi les hommes n’ont-ils pas d’érection tous les matins ? Comment aider John-John à se motiver ? De qui dépend l’orgasme ? Faut-il varier les positions ?

Recettes à base de sperme

Mais n’allez pas croire que les questions seules structurent l’ouvrage. Complet, « Mon sexe et moi » commence par expliquer le fonctionnement de l’appareil génital masculin, précise sa taille, forme, symétrie (ou non). Il aborde la sacro-sainte érection pour laquelle les hommes s’inquiètent si souvent et la non moins importante éjaculation, explique, rassure, tranquillise, donne des solutions. Il interroge le vieillissement, les hormones, fait le point sur les IST et les drogues. N’oublie pas de parler de savoir-faire érotique....

Bref, l’ouvrage donne des infos sérieuses mais aussi des anecdotes tellement légères qu’elles font sourire. Ainsi on découvre pourquoi certains hommes (Trump  ? selon les services secrets russes) fantasment sur la « golden shower » ou qu’il existe des livres de recettes à base de sperme tel le « Natural Harvest » qui propose par exemple une pannacotta au sperme qui a un « petit je ne sais quoi de salé, un goût chaud et épicé qui reste dans la bouche »…

Et quel que soit le goût, apprécié ou non, sachez que le sperme a un bilan nutritif impressionnant contenant du sucre, du zinc du magnésium, des vitamines tout en étant peu calorique !

Mon sexe et moi est paru chez Marabout, 240 p., 18,70 euros

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