John Boyega («Star Wars») dénonce le traitement d’acteurs de couleur au cinéma

John Boyega («Star Wars») dénonce le traitement d’acteurs de couleur au cinéma
BelgaImage

Depuis des mois, des manifestations ont lieu à travers les Etats-Unis pour dénoncer les actes de violence policière et l’inégalité de traitement envers les minorités. Dans ce contexte, la voix de John Boyega se fait particulièrement entendre. Après un discours enflammé et émouvant à Londres contre le racisme le 3 juin dernier, l’acteur se confie à nouveau sur le sujet au GQ Magazine. Mais cette fois-ci, il parle plus directement de sa propre expérience de la discrimination.

« Cela vous met en colère »

John Boyega évoque notamment le cas de sa participation à la série « Star Wars », dans laquelle il a joué le rôle de Finn. Selon lui, les personnes racisées ne sont pas traitées comme les autres, et ce en leur défaveur. « Vous vous impliquez dans des projets et vous n’aimerez pas forcément tout. [Mais] ce que je dirais à Disney, c'est de ne pas mettre en scène un personnage noir, de communiquer sur le fait qu'il va être très important dans la franchise et ensuite de le laisser de côté. Ce n'est pas bon », critique-t-il.

Comme il l’explique, cette différence de traitement se reflète non seulement dans les perspectives de carrière mais aussi dans les rôles que les minorités incarnent au cinéma. Il juge ainsi que leurs personnages sont beaucoup moins creusés, avec bien moins de profondeur. C’est son cas avec Finn mais pas seulement. Il cite par exemple les noms de Naomi Ackie (la guerrière Jannah), Oscar Isaac (le pilote Poe Dameron) ou encore Kelly Marie Tran (la mécanicienne Rose Tico). « Ils ont donné plein de nuances à Adam Driver (Kylo Ren),ils ont donné plein de nuances à Daisy Ridley (Rey),soyons honnêtes. Daisy le sait. Adam le sait. Tout le monde le sait. Je ne révèle rien. […] Ce qu'ils veulent que tu dises c'est ‘J'ai aimé en faire partie. C'était une bonne expérience....’ Non, non, non. J'accepte cette offre quand c'est une bonne expérience ».

John Boyega explique que même dans les loges, il y a un malaise. Il donne en ce sens deux exemples : la styliste qui grimace devant ses choix de vêtements, ou encore le coiffeur qui n’a pas d’expérience avec les cheveux afro mais qui « avait tout de même le culot de faire comme si ». Et quand le film sort, ce sont les traditionnelles remarques racistes qui reviennent, certains spectateurs allant jusqu’à menacer sur les réseaux sociaux de boycotter le film parce qu’il en fait partie, seulement à cause de sa couleur de peau, voire avec des menaces de mort.

Il remarque aussi que certaines personnes croient que Hollywood est un milieu très à gauche. Mais de son point de vue, ce n’est pas en tout cas l’expérience qu’il en a eue. « Je suis l'unique membre de la distribution dont l'expérience au sein de cette franchise était uniquement basée sur la race [...] Cela vous met en colère. Cela vous rend beaucoup plus militant, cela vous change ».

John Boyega sera prochainement à l’affiche du film « Naked Singularity » dans lequel il tient le premier rôle, ainsi que dans la série « Small Axe » qui raconte le quotidien difficile de la communauté noire à Londres dans les années 1960 et 1980.

 
  • Quel avenir pour la monarchie britannique?

    Le prince William dépasse de 20% en popularité son père, le prince Charles. Montera-t-il pour autant sur le trône à sa place?

    Elizabeth II en deuil aura 95 ans ce 21 avril. Quel avenir pour la monarchie britannique ? Un sondage plébiscite William : il doit être le prochain sur le Trône d’Angleterre.

  • Anne-Françoise Rousseau, la cheffe de clinique (à droite), observe les paramètres vitaux d’un patient intubé. - Mathieu Golinvaux

    Le CHU de Liège réquisitionné dans la lutte Covid-19

    Au CHU de Liège, le Centre des brûlés s’est mué en unité de soins intensifs « classique » pour contrecarrer l’avancée du Covid-19.

  • Florence Aubenas est allée s’installer un an dans le village pour «comprendre» ce fait divers sanglant.

    Florence Aubenas explore une nouvelle enquête

    Florence Aubenas ausculte un assassinat sur lequel elle a enquêté pendant sept ans. Un fait divers qui entremêle la France dont on ne parle pas, une bonne dose de mystère et une gueule connue du cinéma.

  • Le Britannique a compris avant tout le monde qu’il pourrait s’enrichir grâce au cannabis thérapeuthique.

    Le cannabis, le nouvel or vert

    De plus en plus de pays autorisent le cannabis thérapeutique. Sur ce marché florissant, un Britannique s’impose. Entre excentricité agaçante et génie entrepreneurial, voici le (presque) milliardaire Maximilian White.

Signé duBus
Signé Stéphane Bern