Amour: gare à la peur de la solitude

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Le célibat ! Autrefois, il était méprisé, considéré comme le fait d’individus égoïstes et déviants, de personnalités incapables de séduire ou manquant de sociabilité, si l’on en croit Jean Claude Bologne, auteur d’une excellente « Histoire du célibat et des célibataires ». Aujourd’hui, ou plus exactement depuis les années septante, il est bien plutôt envié tant ce mode de vie concrétise les valeurs chéries de notre société que sont la liberté et l’individualisme. Et bien des couples s’efforcent de garder une certaine autonomie même s’ils vivent sous le même toit.

Le couple, lieu de toutes les attentes

Mais si le célibat n’est plus montré du doigt, la vie à deux reste le mode privilégié des hommes et des femmes de ce troisième millénaire. Pas moins de 6 Belges sur 10 vivent d’ailleurs en couple selon les chiffres de StatBel, sans être forcément mariés puisque la vie à deux peut prendre des formes multiples et variées : mariage légal, cohabitation, union libre, vie sous le même toit ou dans des habitats différents. Le couple reste la norme. Mieux encore, il est plus investi que jamais, devenant l’objet de toutes les attentes qu’elles soient affectives, émotionnelles, érotiques ou intellectuelles. Cette vie à deux, fantasmée par tant de rêves de complicité, est devenue la valeur auquel nombre de personnes aspirent. Et quand la trentaine pointe son nez, les rêves conjugaux, et peut-être familiaux, se font plus forts que jamais.

Chacun.e s’empresse alors de chercher l’âme sœur sur les sites de rencontre, les Tinder, Meetic, Parship, be2 et autres, qui sont aujourd’hui à l’origine de quelque 9 % des rencontres. Mais avant de se lancer sur le grand marché de l’amour, sans doute est-il bon que ces célibataires sachent qu’il.elle.s ne peuvent faire sentir à l’autre leurs rêves d’amour et de stabilité et surtout qu’il.elle.s doivent taire leurs craintes d’être seul.e !

On savait déjà par nombre d’études que la peur de la solitude empoisonne les relations amoureuses car elle pousse ces craintif.ve.s à accepter des choses qu’il.elle.s n’apprécient pas. On savait aussi que cette crainte rend les ruptures difficiles, voire impossibles même quand le bonheur n’est pas au rendez-vous et que la relation est conflictuelle. On préfère rester avec l’autre en subissant l’enfer plutôt que d’être seul.e. Mais voilà qu’une nouvelle étude « Détectabilité et désirabilité de la peur d'être célibataire dans les profils de rencontre en ligne » (1) parue en septembre dernier nous apprend que cette peur de la solitude est un véritable repoussoir dès les premiers contacts, même écrits !

La peur de la solitude est un repoussoir

Lors d’une première phase de leurs recherches, les psychologues américain.e.s Stephanie S. Spielmann and Kevin P. Gahman de la Wayne State University de Detroit, ont observé auprès de plusieurs centaines d’adultes – 235 exactement dont 60 % de femmes – que ceux.elles-ci parviennent à percevoir et évaluer avec précision la peur de la solitude d’une personne à partir d’un simple texte descriptif. Et dans une deuxième phase, il.elle.s ont constaté que les participants.e.s jugent la personne comme moins intéressante et même moins physiquement attractive quand il.elle.s perçoivent sa peur d’être seul.e....

Autant de constatations qui devraient dissuader chacun.e de préciser dans son profil ses rêves de vie conjugale et familiale. De même lors des premiers rendez-vous, mieux vaut éviter les grandes confessions quant au ras-le-bol de la vie en solo et au désir de relations longues et sérieuses car l’autre risque de penser que vous n’êtes pas là pour lui mais pour combler vos manques et réaliser vos ambitions conjugales. Pour séduire, il vaut mieux être dans la rencontre et surtout avoir développé son être en ayant des passions, des loisirs, des amis, des projets, des rêves en plus du travail. Il convient d’être autonome et stable avant de rencontrer et aimer et ne pas compter sur l’autre pour trouver son équilibre !

Detectability and Desirability of Fear of Being Single in Online Dating Profiles ». Une étude de Stephanie S. Spielmann and Kevin P. Gahman, publiée en septembre 2020 dans le Journal of Personality.

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