Saint-Valentin contaminé par la COVID!

Saint-Valentin contaminé par la COVID!

Allez-vous fêter la Saint-Valentin malgré la pandémie ? Allez-vous célébrer celui.elle que vous désirez, aimez, chérissez même si le monde entier tourne au ralenti ?

Selon une enquête menée par le pôle « Genre sexualités et santé sexuelle » de l’Ifop pour les loveshops Passage du Désir.fr (1), l’événement n’a pas la cote cette année. Il devrait atteindre un niveau historiquement bas puisqu’à peine 49 % des couples ont l’intention de fêter leur amour alors que l’année dernière, ils étaient 60 %.

Snobée par les classes supérieures

Et ce sont les couples aisés qui boudent tout particulièrement la fête puisque les cadres et professions intellectuelles supérieures sont seulement 37 % à déclarer vouloir célébrer l’amour en ce jour, soit une diminution de 23 points par rapport à 2014. Déjà ces couples critiquaient la fête, la jugeaient commerciale, artificielle, ringarde, mièvre, cucul, popu et tellement conformiste. Mais cette année, leur « mépris » est facilité, porté par la fermeture des bars, restos et théâtres où certains acceptaient de sacrifier au rituel. On note au passage que si cette fête est devenue commerciale au XIXe – on s’offrait alors de jolies cartes – elle est très ancienne. En 494, le pape Gélase Ier propose déjà aux pieux.ses fiancé.e.s et amoureux.ses de célébrer le 14 février le grand Saint-Valentin ; le chef de l’église veut alors concurrencer une fête païenne du même esprit. L’événement religieux évoluera au fil des siècles, devenant laïque au XXe.

Célébrée par les milieux populaires

Mais revenons à ce troisième millénaire et à la Saint-Valentin de cette maudite pandémie. Si les milieux privilégiés la snobent, les couples de milieux plus populaires ne rechignent pas aux plaisirs de fêter l’amour car ils sont 48 % à déclarer avoir l’intention d’honorer ce rituel et même 58 % dans le monde rural.

Pareil pour les jeunes : ils sont nombreux à vouloir fêter la Saint-Valentin : 51 %. Sans doute dans le contexte actuel de morosité, ils saisissent la moindre occasion festive. De même, les personnes ne vivant pas sous le même toit que leur conjoint – dans les rangs desquels on compte beaucoup de « jeunes couples » – restent, comme les années précédentes, beaucoup plus nombreux à célébrer ce rituel conjugal (57 %) que les couples cohabitant toute l’année.

On invente sa Saint-Valentin

À chacun.ce de décider si oui ou non il.elle sacrifie à cette ancestrale tradition. Mais pourquoi ne pas fêter celui.elle qu’on aime ? Mais pourquoi rater une occasion de dire à l’autre qu’on l’aime surtout quand les temps sont moroses et tant de couples en crise ? Pourquoi céder à ce nouveau conformisme qui veut que l’on se doit de mépriser ce rituel jugé commercial ? Pourquoi ne pas profiter de ce jour pour déclarer sa flamme, avouer son amour, dire ou redire son désir.

Chacun.e invente la façon dont il.elle peut le fêter. Il ne faut pas forcément faire un cadeau ! Même si cela fait toujours plaisir… On invente ! On pense à l’autre et se demande ce qui le toucherait. Faisons preuve d’attention et d’« inventivité joyeuse » pour reprendre les termes de Jean-Claude Kaufmann.

Le sociologue français qui lui a consacré un ouvrage « Saint-Valentin, mon amour ! » nous explique que cette fête désormais célébrée aux 4 coins du monde l’est très différemment car elle « déborde d’inventivité joyeuse, au point que nombre d’autorités politiques, morales et religieuses s’en inquiètent. Dans une trentaine de pays environ, la Saint-Valentin est désormais interdite, ou menacée par des groupes violents, le moindre petit cœur, la couleur rouge ou les couples se tenant par la main sont traqués le 14 février. Ou les ours en peluche au Moyen-Orient ; les nounours sont interdits en public ce jour-là. La jeunesse s’insurge bien sûr, au nom de l’amour. Au nom d’une sexualité plus libre et de l’expression des sentiments. Mille stratagèmes ingénieux sont développés pour contourner la censure. »

(1) « Étude Ifop pour Passagedudesir.fr réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 3 au 4 février 2021 auprès d’un échantillon de 1 026 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine

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