Thomas Pesquet, star de l’espace au firmament

Cette deuxième mission dans les étoiles, l’astronaute français en rêvait depuis 2017, peu après son retour sur Terre. La mission s’appelle Alpha, référence à la constellation Alpha du Centaure, comme l’était sa première mission Proxima. « C’est aussi la première lettre de l’alphabet grec, symbole de l’excellence que nous visons  », confiait l’été dernier l’astronaute.

Ingénieur aéronautique, pilote de ligne, sportif accompli, polyglotte… Lors de son premier séjour de six mois sur l’ISS (démarré en novembre 2016), Thomas Pesquet, 43 ans aujourd’hui, avait marqué les esprits par son charisme et sa facilité à communiquer avec le grand public. Cette fois, l’astronaute multipliera les premières, d’abord en étant le premier Européen à emprunter un vaisseau privé américain de Space X, et non plus le vaisseau russe Soyouz, pour rejoindre la station orbitale. Une nouveauté qui l’enthousiasme et qui a exigé pas moins d’un an d’entraînement dédié.

Il sera aussi le premier Français à prendre les commandes de la station, grande comme un terrain de foot, durant environ un mois, vers la fin de sa mission de six mois. Son séjour s’annonce intense, avec une centaine d’expériences à mener à bord de ce vaste laboratoire en apesanteur.

« Se faire des souvenirs »

En 2016, il est parti la fleur au fusil. Il anticipe une « saison 2 (…) plus difficile mentalement  », car cette fois « (il) sait exactement à quoi (il) s’expose  », a-t-il dit lundi lors d’une conférence de presse depuis Cap Canaveral. L’astronaute réputé très sociable a souffert des restrictions de voyage liées à la pandémie. « On s’est retrouvés très isolés pendant presque un an, et on se prépare à quitter nos proches pour six mois… ce n’est pas génial  ».

Claudie Haigneré, première femme astronaute française à rejoindre l’ISS, a décrit à l’AFP un « professionnel d’excellence qui a envie de transmettre » pour que « chacun puisse l’accompagner dans sa mission  ». À l’époque de Proxima, il avait eu à cœur de partager son expérience avec le public, notamment les enfants, via les réseaux sociaux, en postant de nombreuses photos de la planète, prises depuis la coupole d’observation de la Station, à 400 km d’altitude. Au point de susciter des critiques, quand bien même il mitraillait la Terre sur ses rares moments de temps libre.

Des clichés, il en fera cette fois « un peu moins  » et prendra « plus de temps pour se faire des souvenirs  ». Il n’entend pas moins continuer « à parler d’environnement  » au public, comme lors du premier séjour. Hasard du calendrier, son départ est programmé lors de la Journée mondiale de la Terre. « On quitte la planète le jour de la planète  », a relevé celui qui se voit comme un « témoin » depuis l’espace de la fragilité de la planète bleue.

Sur Terre, il vient d’être désigné ambassadeur de la FAO, l’agence de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture, pour « défendre l’action contre le changement climatique et la transformation des systèmes agroalimentaires  ». Une cause lui tenant d’autant plus à cœur qu’avant son premier départ, il avait confié que sa compagne, Anne, travaillait à la FAO. « Elle sauve le monde. Moi je fais rêver les enfants  », disait-il.

Un enfant fan d’espace

Sur une note plus légère, il sera aussi une sorte de relais spatial de la radio Fip, dont il est fan, et publiera chaque jour sur Twitter un titre de sa playlist personnelle. Là-haut, il pourra déguster des plats mitonnés par le chef Thierry Marx, crêpes Suzette ou bœuf bourguignon. Et renouer avec les sorties spatiales, son « rêve dans le rêve  ». L’aventure cosmique de ce Normand, né à Rouen le 27 février 1978, a commencé en mai 2009, lors de sa sélection, avec cinq autres Européens sur plus de 8.000 candidats, pour intégrer le corps des astronautes de l’Agence spatiale européenne.

Quand il était petit, l’astronaute aux yeux clairs était «  fan d’espace, de manière assez naïve comme beaucoup de petits garçons  ». Il a vécu « une enfance extrêmement stable  » en Normandie, entre un père prof de maths-physique, une mère institutrice et un frère aîné passionné d’informatique. Après une classe préparatoire scientifique, il est passé par « Supaéro », prestigieuse école spécialisée dans l’aéronautique et l’espace. D’abord ingénieur en Espagne, il a travaillé pour le Cnes (l’agence spatiale française) de 2002 à 2004.

Parallèlement il a appris le pilotage d’avions, avant une formation par Air France, et une licence de pilote de ligne en 2006. L’ISS n’est à ses yeux qu’une marche pour l’ailleurs. « La Lune – pour laquelle je suis candidat – est une étape technique nécessaire. Mais ce qu’on a tous en tête, c’est Mars ».

AFP

 
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