L’idée anti-cancer de Benjamin Castaldi divise (vidéo)

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Ce vendredi 9 juillet, Benjamin Castaldi a publié sur Instagram une vidéo assez longue. Dans celle-ci, il n’est pas question de télévision et encore moins de l’émission TPMP mais de lutte contre le cancer. Pour avancer dans le cadre de ce combat, il suggère une solution pour s’attaquer à la première cause de mortalité évitable en France : le tabagisme. Mais sa proposition divise.

Vive les cigarettes électroniques ?

Pour commencer, l’animateur affirme que « le tabac, c’est 45 000 morts par an, c’est le premier facteur de risques du cancer et l’objectif, c’est une génération sans tabac d’ici dix ans ». Pour l’instant, pas de problème, si ce n’est que selon l’hypothèse privilégiée par l'agence sanitaire Santé publique France, il n’y a pas 45.000 morts par an liées au tabagisme dans l’Hexagone mais 75.000. Soit, passons.

Car c’est surtout la suite qui interpelle ses abonnés. Selon Benjamin Castaldi, pour lutter efficacement contre le tabagisme, il faudrait soutenir "le moyen le plus efficace pour vous aider à arrêter de fumer", qui est pour lui la cigarette électronique. Il défend cette méthode dont il rappelle que sa toxicité est « 95 % moindre par rapport au tabac ». Il estime ainsi que l’Etat pourrait plus promouvoir cette alternative qui serait « la grande oubliée du plan anti-cancer ».

Rapidement, plusieurs médias comme Public ont relevé plusieurs critiques des abonnés de la star. Un internaute affirme par exemple que Benjamin Castaldi est coupable de désinformation. « Dire que la vape permet de lutter contre le cancer est à la fois faux et dangereux », répond-il. D’autres vont dans le même sens et attaquent même parfois frontalement l’animateur. « Qu’est-ce qu’on est prêt à dire comme connerie pour de l’argent ? », s’insigne l’un d’entre eux.

Des scientifiques très partagés

Alors qu’est-ce qu’il en est réellement ? Il est vrai que l’Organisation mondiale de la Santé a mis en garde contre les cigarettes électroniques, les qualifiant d’« incontestablement nocives ». « Le niveau de risque n’a pas encore été estimé de façon concluante », ajoute-elle. Cette affirmation a été tenue en 2019, alors que les Etats-Unis étaient en pleine polémique à ce propos, certains vapoteurs ayant utilisé certaines subtances avec leur cigarette qui se sont en effet révélées assez néfastes.

Pour autant, la position de l’OMS a suscité l’indignation de nombreux professionnels de santé qui estiment que l’organisation est trop dure. L’Académie nationale de pharmacie française a jugé cette affirmation « incompréhensible », rappelant que la cigarette électronique est bel et bien un moyen pour arrêter de fumer, même s’il ne convient pas à tout le monde, et qu’il est beaucoup moins nocif que le tabac (une toxicité de 5% comparé à ce dernier). Certes, il peut y avoir de la nicotine mais pas toute une série de composants cancérigènes présents dans les cigarettes normales. La présence de cette drogue dans les cigarettes électroniques, dont il est établi qu’elle rend dépend, reste néanmoins très débattue. Il y a aussi le risque que certaines personnes qui ne fumaient pas se tournent plus facilement vers cette alternative.

Quant au ministère français de la Santé, il est notoirement réticent vis-à-vis de la cigarette électronique, se plaçant donc plutôt dans la lignée de l’OMS. Il estime que la baisse du tabagisme est plutôt le fait non pas de cette technologie mais de la hausse du prix du tabac, du remboursement des patchs et du « mois sans tabac ».