Mohamed Bouhafsi réplique à Eric Zemmour qui veut interdire son prénom (parmi tant d’autres)

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Ce 11 septembre, Eric Zemmour était l’invité d’honneur de Laurent Ruquier à « On est en direct ». Une venue qui surprend vu qu’en 2015, l’animateur disait « regretter » avoir donné la parole au polémiste et avoir ainsi « participé à la banalisation des idées » du polémiste. Mais qu’importe, ce dernier est aujourd’hui potentiel candidat à la présidentielle et ce samedi, il a pu d’ailleurs présenter sur le plateau de Laurent Ruquier une proposition frappante s’il devenait président : rétablir une loi de 1803 qui n’autoriserait que « les noms en usage dans les différents calendriers, et ceux des personnages connus de l’histoire ancienne ». De quoi faire une croix sur une très longue liste de prénoms. Mais évidemment, le polémiste vise ici surtout une communauté, celle musulmane, le prénom Mohamed était par exemple explicitement cité. Il n’a donc pas fallu longtemps pour que cela suscite des réactions, dont celle du journaliste sportif Mohamed Bouhafsi.

« Être Français ce n’est pas un prénom »

Sur sa story Instagram, ce dernier a publié un long texte où il cite plusieurs personnes remarquables qui se verraient obliger d’abandonner leur nom avec la loi d’Eric Zemmour. Parmi ceux-ci, on trouve Zinedine Zidane, l’écrivaine Leïla Slimani qui a décroché le prix Goncourt 2016, ou encore des personnes moins connues comme Kaddour Bengharit, qui a sauvé des centaines de juifs en 40-45 en les cachant dans la Grande Mosquée de Paris.

« Être Français ce n’est pas un prénom, c’est un état d’esprit », réplique Mohamed Bouhafsi. « La force de notre pays n’est pas la désunion mais plutôt l’envie de croire en le talent de chacun. Non pas pour son prénom mais par ce qu’il peut apporter à la France et au collectif », conclut-il.

A noter que la loi de 1803, destinée notamment à interdire des prénoms de grands révolutionnaires comme « Marat », a été progressivement abandonnée en France au fil du XXe siècle. Elle empêchait notamment les Bretons d’utiliser certains prénoms régionaux, qu’importe qu’ils soient chrétiens ou pas d’ailleurs puisque cette loi ne faisait aucune allusion à la religion pour interdire des noms. En témoigne le prénom Sadi, porté notamment par le président français Sadi Carnot, attribué en hommage au poète persan Saadi de Shiraz.