Un petit village du Lot s’inquiète de l’implantation d’un groupuscule conspirationniste

Capture d’écran - Google Map
Capture d’écran - Google Map

C’est l’inquiétude dans le petit village de Sénaillac-Lauzès en France. Les quelques 130 habitants du hameau n’ont pas l’intention de laisser le groupe « hors système » One Nation acquérir un terrain de 200 hectares sur le domaine de Domenac, dans le Lot. Voilà depuis le mois de septembre que deux membres actifs du groupe One Nation lorgnent sur un terrain de 800.000 euros comme le rapporte BFMTV. Le couple, Alice Pazalmar et Sylvain Charles souhaiterai y créer un « laboratoire d’expérimentation libre pour incarner un nouveau paradigme ».

Les membres du groupe One Nation sont portés par la volonté de « ne rendre des comptes à personne ». One Nation se veut anti-système et développe des croyances conspirationnistes. Ils se définissent comme des « avatars (des êtres humains émancipés) qui vivent ou pas sur des oasis (territoires émancipés) » et prônent la « désobéissance créative ». Dans des vidéos partagées sur leur site, le groupe prend aussi des positions anti-vaccin et covid-sceptiques.

Une collecte bloquée

Pour mener leur projet à bien, le couple doit d’abord récolter la somme de 800.000 euros pour ainsi pouvoir acheter le terrain. Alice Pazalmar et Sylvain Charles ont lancé une cagnotte sur la plateforme Helloasso pour rassembler cet argent. Cependant, la plateforme a depuis bloqué cette collecte.

Les habitants du village s’inquiètent tout de même de la possible arrivée de ce groupe chez eux. Une pétition a été lancée il y a une semaine maintenant pour s’opposer à ce projet et 1200 signatures ont déjà été récoltées. Les habitants ne ménagent pas leur colère et leurs appréhensions face à la potentielle arrivée de One Nation à côté de chez eux. Plusieurs signataires y sont allés de leur commentaire : « Sénaillac-Lauzès est un havre de paix qui doit le rester » ou bien « Hors de question que ce mouvement lavage de cerveau s’installe sur nos terres ».

La Dépêche du Midi rapporte qu’un organisme sous contrôle de l’État, la Safer, venait d’exercer sont droit de préemption sur la partie agricole du domaine et souhaite qu’un agriculteur puisse reprendre une partie de ce terrain. Cependant, cette démarche ne signifie pas que le danger est écarté pour les habitants de Sénaillac-Lauzès. Le maire du hameau, interviewé par BFMTV, partage son inquiétude : « Rien n’est gagné car ça ne concerne pour l’instant que les terres agricoles du domaine, et on ignore ce qu’il va advenir de la bâtisse, et on a peur que le couple puisse toujours mettre la main dessus ».

Sensibiliser le village

Les habitants aussi rejoignent les inquiétudes du maire. « Nous n’avons aucune information, on ne sait pas à qui s’adresser, le maire n’en sait pas beaucoup plus que nous. (…) C’est très angoissant, on ne sait pas à quoi s’attendre, d’autant que Sénaillac est un petit village majoritairement fait de personnes âgées et donc vulnérables » explique l’une des habitantes du village. Certains tentent d’avertir leurs voisins de cette possible arrivée : « On ne sait pas ce que ça va donner, mais on commence tous à se renseigner sur qui sont ces personnes et il suffit de regarder leurs sites ou leurs vidéos pour se rendre compte que ce sont des illuminés, des gens qui tiennent des propos absurdes et incohérents » explique un habitant.

Un autre habitant ajoute : « On n’a pas tout de suite compris ni pris la mesure de ce dont il s’agissait. Mais maintenant qu’on a pris connaissance de leur projet, on est inquiets et on se pose beaucoup de questions. (…) On sait très bien que si ces gens s’installent ici, c’est pour investir le village à long terme. Ils veulent échapper au contrôle des autorités pour vivre en dehors du système ».