Le parquet requiert un non-lieu dans l’affaire du viol de l’actrice Sand Van Roy par Luc Besson, trois ans après les faits

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La justice française ne protégerait-elle pas les victimes de gens connus ? C’est en tout cas ce que ressent Sand Van Roy. L’actrice belgo-néerlandaise a accusé le réalisateur Luc Besson de viol en 2018. Après trois longues années, le parquet a requis un non-lieu en faveur du réalisateur, même si l’affaire est toujours à l’instruction, indiquent nos confrères des Inrockuptibles.

« Cette enquête a complètement brisé ma vie », déclare la comédienne dans l’émission « Compléments d’enquête », diffusée le 11 novembre. Elle regrette les expertises psychiatriques qu’elle a subies tandis que Luc Besson n’en aurait pas passé. Un fragment d’ADN aurait également pris deux ans pour être prélevé sur le réalisateur. Selon elle, «  les procédures judiciaires françaises ne protègent pas les victimes des gens connus ».

« La juge d’instruction Marie-Claire Noiriel ne m’a jamais entendu, ni les autres accusatrices de Luc Besson », nous explique-t-elle. « L’unique chose que la juge d’instruction ait fait est entendre Luc Besson. Elle n’a jamais confronté Luc Besson avec ces contradictions lors de cette audition. Rien n’est vérifié. Tout passe. C’est un traitement VIP. »

Pour la jeune femme, on ne joue pas « juste » sur du consentement. «  La matérialité des faits est contestée. La version de Besson et ma version ne correspondent pas du tout », précise-t-elle.

Directement après les faits, Sand Van Roy a contacté la police. « Je n’ai pas attendu 10 ans. Des lésions et des ecchymoses ont été constatées sur mon corps par des médecins judiciaires quelques heures après les faits. Luc Besson ne sait pas s’expliquer sur les blessures, et ça passe. Tout passe car c’est Luc Besson », déplore-t-elle.

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Depuis qu’elle a révélé avoir été dans une relation d’emprise pendant deux longues années, elle traverse une période creuse dans sa carrière. La jeune femme n’aurait passé qu’un seul casting en trois ans. Et en plus, à la suite de sa plainte, elle a été effacée du montage du film de Luc Besson « Anna ».

Un producteur interrogé dans « Complément d’enquête » reconnaît que l’actrice a été « blacklistée », que des producteurs et financeurs se retirent de projets lorsqu’ils apprennent qu’elle en fera partie.

« Rien n’a été fait pendant cette enquête à part protéger Luc Besson », conclut l’actrice.