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15 ans après «Bye Bye Belgium», De Brigode revient sur cet événement «historique»

Le canular avait fait sensation dans tous les sens du terme. L’animateur phare de la RTBF, François De Brigode n’a toutefois pas fait rire tout le monde et a été menacé de mort.

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Il y a 15 ans, la Belgique vivait le plus grand canular de la télévision. Le 13 décembre 2006, François De Brigode, journaliste du JT sur La Une annonçait la fin de la Belgique suite à la « décision unilatérale de la Flandre de prendre son indépendance ». En quelques minutes, de très nombreux téléspectateurs étaient en panique. Le standard de la RTBF croulait sous les appels, un véritable choc parmi la population. La RTBF voulait aborder la question d’une éventuelle séparation entre la Wallonie et la Flandre, mission réussie.

Vers 20 heures, alors que le journal prend fin et que l’émission « Questions à la Une » vient de débuter, François De Brigode apparaît la mine défaite, annonçant la « fin de la Belgique ». Trente minutes plus tard, la rédaction est obligée de faire passer un bandeau sur l’écran : « Ceci est une fiction ». François De Brigode s’est confié à SudInfo sur le projet, mûri deux ans avant sa diffusion.

Un secret bien gardé

C’est l’équipe « Strip-Tease » avec Philippe Dutilleul qui vient d’abord chercher le journaliste. « Au départ, cela se met en place sans que le JT soit impliqué. Deux ans avant cette émission, je suis approché discrètement par l’équipe de « Strip-tease » », explique François De Brigode avant d’ajouter : « J’arrive dans leur bureau, ils ferment la porte, les rideaux, j’ai l’impression d’être dans un bunker et ils me mettent une pression sympa : « Si tu dis non, le projet ne va pas voir le jour ! ». Philippe m’explique un peu le scénario. Je trouve ça excellent, mais je demande : « Qu’est-ce que je viens faire dans votre pièce ? » Ils me répondent : « Comme tu es le présentateur vedette du 19h30, ce serait bien que ce soit toi à la présentation ». Là, je réponds que ce vrai faux journal ne peut pas remplacer le vrai journal de 19h30. Par contre, qu’on peut interrompre « Questions à la Une ». Tout ça doit bien sûr rester secret et on n’est que deux ans avant l’émission  ! ».

Le journaliste avait bien conscience du risque qu’il prenait en lançant une telle émission, mais il confie aussi ne pas avoir totalement mesuré toutes les implications du canular : « Le jour de l’émission, je suis rentré chez moi vers 5- 6 h du matin, après des réunions de crise, et ma compagne me dit : « Une menace de mort a été déposée dans la boîte aux lettres ! ». J’ai appelé le bourgmestre et j’ai eu droit à une surveillance policière pendant 24 heures. Les policiers, eux, m’ont dit qu’ils avaient pas mal rigolé devant l’émission. C’est une émission historique et je reste fier d’y avoir participé » déclare-t-il à SudInfo.

Des réactions partagées

Le journaliste maintient que c’était bien une blague « mais en aucun cas une fake news, c’était du domaine du scénario du possible ». La Belgique était alors secouée par des volontés séparatistes des nationalistes flamands, que le public francophone n’aurait pas assez pris en compte.

En tout cas, l’événement a eu de forts impacts au sein de la rédaction et du public. La RTBF a demandé à son public de partager son ressenti face à cette blague. Les résultats oscillent entre une forte colère face à la panique engendrée mais aussi la surprise du sursaut que cela a provoqué dans les consciences.

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