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La Une de «Paris Match» sur Patrick Poivre d’Arvor ne passe pas

Le journal a mené une enquête pour savoir comment vivait aujourd’hui l’ancien journaliste du JT après les multiples accusations de viols et d’agression sexuelle, ce qui ne passe pas du tout pour les victimes.

Temps de lecture: 3 min

La Une de « Paris Match » sortie jeudi matin ne passe toujours pas chez les lecteurs et Twitter a de nouveau été la plateforme pour que de nombreuses voix expriment leur colère face au choix éditorial. Pour des dizaines de femmes, cette couverture est « injuste ». La Une du journal titre : « PPDA, sa nouvelle vie de paria, enquête ». L’ancien journaliste est effet accusé de viols et d’agressions sexuelles par plusieurs femmes.

Pour la journaliste Cécile Delarue, qui a notamment témoigné le harcèlement sexuel qu’elle à vécu de la part de Patrick Poivre d’Arvor, estime que cette couverture « ne passe pas ». Elle lance d’ailleurs sur Twitter : « Au début je me suis dit je ne vais rien dire. Ça ne va pas, cette couv, mais on parle de nous au moins […] Mais ça ne va pas. Ça ne passe pas » et d’ajouter : « Je n’ai aucun plaisir à encore une fois devoir parler publiquement, et l’ouvrir devant vous tous. Mais vraiment, tout cela n’est pas possible. Tout cela est trop injuste ».

Les réactions sur Twitter pointent le fait que ce soit l’agresseur qui se retrouve en Une, une chose qui peut être vécue très douloureusement pour les victimes. Mais surtout, les victimes ne sont pas entendues, les noms ne sont pas retenus et aucune enquête n’est menée pour savoir comment elles vivent elle-même la situation.

Ramener l’attention sur les victimes

La journaliste revient sur la signification d’une telle couverture : « Ça dit qu’un homme accusé de crime par des dizaines de femmes, pardon, par des dizaines et dizaines de femmes, peut encore aujourd’hui se promener tranquille dans les rues de notre belle France » écrit-elle. Un peu plus loin, elle souhaite ramener l’attention sur les victimes « affreusement nombreuses, qui passent devant et revoient en boucle ce qu’elles ont pu subir de la part de cette personne ». La journaliste écrit également : « Je pense aujourd’hui à celle qui m’a dit que pendant des décennies elle n’a pas supporté qu’on allume la télé le soir à 20h de peur d’y voir la tête de son violeur ».

Enfin elle dénonce le fait de devoir passer par « le tribunal médiatique » mais affirme que c’est bien le dernier endroit où elles peuvent être entendues : « C’est injuste qu’elles soient réduites à ce « tribunal médiatique », parce qu’elles n’ont plus droit au tribunal tout court. C’est trop tard. C’est prescrit. Ça ne change pas que c’est dégueulasse » écrit-elle encore sur Twitter.

Des enquêtes classées sans suite

Une autre journaliste chez France Inter, Giulia Foïs a aussi réagi sur Twitter et partage son témoignage sur l’impact de ce genre de couverture : « Un jour, j’ai vu le visage de l’homme qui m’avait violée à la Une d’un journal. En exergue, il disait : « on m’a bousillé la vie ». C’était dans le petit kiosque de la gare TGV. J’ai lu, j’ai eu envie de me jeter sous un train. Sinon, ça va, ton choix éditorial ».

En effet, les enquêtes préliminaires pour viols ont été classées sans suite, cinq mois après l’éclatement de l’affaire. Selon le parquet de Nanterre, les faits étaient prescrits ou bien insuffisamment qualifiés. Deux enquêtes sont cependant encore en cours : l’une suite à la plainte pour viol déposé par l’auteure Florence Porcel. L’autre enquête fait aussi suite à une plainte pour viol. Une femme affirme que PPDA l’a violé en 1985 lors du festival de Cannes.

Le journaliste nie les faits et bénéficie du soutien de certains anciens collègues.

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