Accueil Actu Soirmag

Les complots inondent internet après le décès d’Elizabeth II

La mort de la reine Elizabeth II a donné aux complotistes une chance de recycler leurs tactiques habituelles pour semer la confusion en ligne.

Temps de lecture: 3 min

Depuis toujours, la famille royale britannique est la cible de mouvements complotistes. Après le décès d’Elizabeth II, certains réseaux en ont profité pour ressortir de vieilles vidéos et photos et les manipuler. Ainsi, les fausses informations prospèrent et les théories du complot se renforcent. Des fausses informations imputent notamment la mort de la souveraine aux vaccins contre le Covid-19 ou bien à Hillary Clinton.

La désinformation a commencé à circuler dès les premières inquiétudes sur l’état de santé de la reine, des comptes Twitter usurpant l’identité de médias réputés comme la BBC et annonçant prématurément sa mort. « Partout dans le monde les gens ont été informés du décès de la reine et affectés par celui-ci, ce qui a donné aux propagateurs de fausses informations un réservoir inépuisable d’histoires trompeuses dans lequel puiser », explique Dan Evon de l’association News Literacy Project.

Autres exemples de manipulation : une vidéo datant d’il y a un mois où des personnes dansent devant Buckingham Palace a été transformée pour faire croire que des Irlandais dansaient de joie après avoir été informés du décès de la reine. Une fausse publication de l’ancien président des Etats-Unis, Donald Trump, déclarant qu’il avait été fait chevalier par la monarque a été partagée ou encore une image truquée de Meghan Markle, épouse du prince Harry, portant un t-shirt avec l’inscription « La reine est morte ».

Elizabeth II vs Hillary Clinton

D’autres ont tenu Hillary Clinton pour responsable, alléguant que la souveraine aurait eu en sa possession des dossiers compromettants sur l’ancienne candidate à la Maison Blanche qu’elle s’apprêtait à faire éclater au grand jour. Il s’agit d’une théorie du complot ancienne selon laquelle les Clinton feraient assassiner leurs opposants politiques.

Ceux qui adhèrent aux idées de la nébuleuse QAnon ont associé la mort de la reine à leurs convictions, selon lesquelles il existe un complot mondial sataniste et pédophile, s’en servant pour valider la légitimité de leur mouvement. « La famille royale, étant donné les relations étroites bien connues entre le prince Andrew et Jeffrey Epstein, a toujours donné du grain à moudre aux adeptes du mouvement QAnon », souligne Rachel Moran, membre du Center for an Informed Public (CIP).

La semaine qui a suivi la mort d’Elizabeth II, la société Zignal Labs a fait état de 76.000 mentions de la reine associée à Jeffrey Epstein et sa complice Ghislaine Maxwell -- condamnés tous deux pour trafic sexuel -- sur les réseaux sociaux, sites internet, à la radio, la télévision et dans la presse. Les récits liant Elizabeth II à des faits de pédophilie, à Hillary Clinton et aux vaccins étaient eux mentionnés respectivement 42.000, 8.000 et 7.000 fois.

« Accepter les explications ordinaires pour un événement aussi important peut être moins convaincant ou moins attrayant », explique Karen Douglas, professeure de psychologie sociale à l’université du Kent au Royaume-Uni. Les organisations d’éducation aux médias, comme la CIP, recommandent de comparer les publications en ligne à des sources d’information fiables et de marquer une pause avant de les partager. « Même quelques instants de réflexion peuvent souvent faire une grande différence », rappelle Gordon Pennycook de l’université de Regina au Canada.

L'actu en vidéo

 
Sur le même sujet

Aussi en Société

Voir plus d'articles

À la Une