Han van Meegeren, un faussaire de légende
Il a dupé les plus grands experts. D’abord vilipendé, il terminera sa vie condamné mais adulé comme une superstar.
Du fond de sa cellule de la prison de Nuremberg, en 1946, Hermann Goering affiche une mine blette. On vient de lui annoncer que son Vermeer adoré, son « Christ et la parabole de la femme adultère », était un faux ! Un Hollandais, obscur aigrefin, dénommé Han van Meegeren venait de confesser son forfait. Jamais donc ni le regard ni le pinceau du sphinx de Delft n’avaient même frôlé sa toile. Et dire qu’il avait prestement délié les cordons de sa bourse pour s’offrir à prix d’or cette merveille… Pour une fois qu’il ne s’agissait pas d’une rapine ! Soufflé par ce camouflet, il aurait débité cette incongruité fantastique : « Pour la première fois de ma vie, je me rends compte qu’il existe de par le monde des hommes foncièrement mauvais. » Les charniers, les enfants calcinés, les millions de trépassés, rien n’avait déridé le cœur de cet homme-là, mais sous le coup de cette avanie soudaine, son nombril se mit à battre la chamade.










