Après son licenciement, Guillaume Meurice adresse une lettre ouverte à France Inter
L’humoriste a annoncé son licenciement de France Inter le mardi 11 juin. Il adresse aujourd’hui une lettre d’explication.

L’humoriste Guillaume Meurice a été licencié par Radio France ce mardi 11 juin. La présidente de Radio France, Sibyle Veil, a justifié mardi le licenciement de l’humoriste Guillaume Meurice par sa « déloyauté répétée », tout en assurant que « ni la liberté d’expression, ni l’humour, n’ont jamais été menacés » dans le groupe public, dans un message au personnel.
En répétant ses propos polémiques sur le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, Guillaume Meurice a notamment « ignoré l’avertissement qu’il avait reçu, la mise en garde de l’Arcom » (le régulateur de l’audiovisuel) et « il ne nous a pas laissé d’autre choix que de tirer les conséquences de son obstination et de sa déloyauté répétée », a écrit la patronne de Radio France dans ce message consulté par l’AFP.
Après cette annonce, l’humoriste a pris le temps d’adresser une « lettre à France (inter) ». « D’aussi loin que je me souvienne, tu étais là. Dans le petit poste posé sur le frigo de la cuisine familiale, sur la table, dans un coin du salon. Je ne pigeais pas grand-chose à ce que tu racontais, mais tu passionnais mes parents. Puis, j’ai grandi, un peu. J’arrivais parfois à répondre à une question du « Jeu des 1000 francs », à comprendre un sujet du « Téléphone sonne ». Et puis, j’ai découvert tes humoristes, dont je ne ratais aucune intervention. Je les enregistrais sur des cassettes, les écoutais en boucle. C’est toi qui m’as appris la satire, la liberté de ton, l’irrévérence », se souvient-il.
L’humoriste rappelle ses premières rencontres avec « (les) micros rouges, (les) couloirs interminables, (les) studios mythiques ». « Quelques années plus tard, c’est avec Charline, Alex, Juliette, Aymeric, Ramzi, et toute une joyeuse troupe, que j’ai vécu les plus belles pages de notre aventure commune. Dix ans d’une émission qui a changé de nom autant qu’elle a changé ma vie », assure-t-il.
Il explique l’impact de ses émissions et la liberté qu’il ressentait alors : « Car oui, les audiences grimpaient. Une fois encore, nous grandissions ensemble. Dans un espace médiatique rare où l’on pouvait tourner en dérision ceux qui oppressent, tuent, pillent et détruisent chaque jour au nom du pouvoir et au gré de leurs ambitions personnelles. Une petite heure par jour. C’était bien peu. C’était visiblement trop ».
Avec émotion, il ajoute : « Aujourd’hui, j’ai le cœur gros. Pas à cause de notre séparation forcée, ni de la manière dont notre histoire se termine. Si je suis si triste, c’est de te laisser ainsi, dirigée par des âmes de si peu de scrupules. De celles qui ont comme boussole leur soif d’obéir, et un tableur Excel à la place du cerveau. De celles qui s’imaginent que tu leur appartiens mais qui t’oublieront sitôt leur mandat terminé pour gérer une autre boîte, benchmarker une start-up ou un ministère ».
Une sombre analyse
« Bientôt elles (« les personnes de pouvoir », ndlr) diront que tout est ma faute, que je me suis entêté. Faire passer les victimes pour des coupables, les rendre responsables des injustices qu’elles subissent, la stratégie est toujours la même, envers moi comme envers d’autres (coucou Nicole Ferroni, Pierre-Emmanuel Barré, Florence Mendez… etc.). Car on en rirait volontiers si l’histoire s’arrêtait à mon cas personnel. Mais le projet est global. Les « libéraux » sont en train de livrer le pays clés en main à l’extrême-droite, lui offrant, ce jour, une énième victoire idéologique », assure-t-il.
Il livre son analyse sombre de l’avenir sur le service public : « Et après ? Sans changement de cap, le rouleau compresseur continuera sa course folle. La fusion de France Télévisions et de Radio France, les coupes budgétaires, les licenciements. À terme, ta privatisation. Leur rêve : te vendre au plus offrant. Leur aphrodisiaque : le fric. Leur projet de société : un champ de ruines ».
« Je t’embrasse. Guillaume Meurice », conclu l’humoriste.
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