Philippe et Mathilde à la rencontre de la reine Louise-Marie, la mère de la Nation belge (photos)
Au château de Chantilly, les Souverains ont visité en compagnie des Macron une exposition exceptionnelle consacrée à l’épouse du roi Léopold Ier, le fondateur de la Dynastie.

Mercredi matin, à l’entame de la troisième et dernière journée de leur visite d’État en France, le roi Philippe et la reine Mathilde se sont rendus au château de Chantilly. Dans cet édifice qui fut la demeure du duc d’Aumale, ils ont découvert en compagnie du président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte une passionnante exposition consacrée à la sœur aînée du duc d’Aumale : Louise-Marie, l’épouse du roi Léopold Ier, toute première reine des Belges et la mère de la jeune Nation qui venait d’arracher son indépendance.
Quel plus beau symbole, au fond, de la relation entre la Belgique et la France que Louise-Marie ? Fille aînée du roi des Français, Louis-Philippe, la princesse Louise d’Orléans, comme on l’appelait alors, s’est révélée un véritable trait d’union entre la monarchie de Juillet et la jeune Belgique. Son Roi fraîchement élu, veuf de sa première épouse, la princesse Charlotte d’Angleterre, se cherchait une nouvelle moitié pour, à travers elle disposer d’un puissant allié afin de se protéger du Hollandais envahissant, mais aussi pour fonder sa Dynastie. Il a jeté son dévolu sur la fille aînée de son puissant voisin, le souverain français. En 1830, il a déjà essuyé un cinglant refus. Deux ans plus tard, Louis-Philippe accepte la requête. Et Louise pleure. À 20 ans à peine, elle est promise à un homme « froid et morose » de 21 ans son aîné. Elle pleure toutes les larmes de son corps, mais sait où est sa place. Elle choisit la raison d’État plutôt que son cœur. Le mariage est célébré au château de Compiègne, puis, après de déchirants adieux envers sa famille, Louise part pour sa nouvelle patrie. La mauvaise impression des débuts laissera rapidement la place à une entente cordiale entre les deux époux. Forte de son éducation soignée, faisant la place belle tout autant aux arts qu’à l’histoire, aux langues et aux sciences, Louise développe sa fibre artistique et son goût très sûr en Belgique. Elle est à l’origine des premières pièces de la collection royale. Las, elle s’est éteinte à 38 ans à peine, ravagée par le chagrin, en octobre 1850, un mois et demi à peine après son père.
Le château de Chantilly propose justement des pièces remarquables issues de la Collection royale, deux tableaux en pied du premier couple royal qui ont été décrochés des murs de la Chambre des Représentants à Bruxelles pour l’occasion mais aussi des œuvres, aquarelles, peintures, sculptures, datant de l’époque de la jeunesse française de Louise. Les conservateurs ont pu aussi se pencher pendant deux ans sur la correspondance de Louise-Marie, soit l’équivalent de 30.000 lettres qu’elle a adressées à toutes les cours d’Europe mais en particulier à sa famille, à un rythme très soutenu, voire quotidien.
Les Souverains et le couple présidentiel ont pu visiter en avant-première cette exposition qui ouvrira ses portes au public le 19 octobre et sera accessible jusqu’au 16 février 2025 à Chantilly, avant de déménager à Namur, au TreM.a, le musée des Arts anciens du Namurois (mars-juin 2025).





Le Roi et la Reine connaissent très bien l’histoire de la famille royale belge, à tel point que par moment, ils remplaçaient le guide pour apporter des explications, de première main forcément, aux époux Macron. Et ils sont extrêmement fiers de mettre en valeur la Première Reine des Belges que le temps qui passe a peu à peu remisée dans les greniers de la mémoire collective.










