«Les droits de l’enfant sont menacés»: les mots forts de la reine Mathilde lors d’une conférence internationale
En tant que présidente d’honneur d’Unicef Belgique, la Reine était présente à l’ouverture de la conférence internationale pour le 35e anniversaire de l’adoption de la Convention internationale des Droits de l’Enfant.

La reine Mathilde a ouvert, vendredi au Palais d’Egmont à Bruxelles, une conférence internationale organisée à l’occasion du 35e anniversaire de l’adoption de la Convention internationale des Droits de l’Enfant. Présidente d’honneur d’Unicef Belgique depuis 2009, elle y a attiré l’attention sur la protection des droits de l’enfant dans le contexte de crises humanitaires.
« Partout dans le monde, les droits de l’enfant sont menacés », a déclaré la Reine, à l’entame de cette conférence, organisée par le SPF Affaires étrangères, Unicef Belgique et Plan International Belgique. « La combinaison de crises telles que les guerres, le réchauffement climatique, les pandémies, l’augmentation de la pauvreté et des inégalités crée une réalité dramatique pour les enfants du monde entier », a-t-elle ajouté.
Ce phénomène est particulièrement visible dans l’expérience des enfants touchés par les conflits. Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), environ 400 millions d’entre eux – soit un enfant sur cinq – vivent dans des zones de conflit ou fuient ces zones. « Ces enfants vivent dans des conditions terribles : violence, amputation, enlèvement, violence sexuelle ne sont que quelques exemples », a souligné la directrice adjointe de l’Unicef, Kitty van der Heijden, appelant à « mieux protéger les enfants avant, pendant et après les crises humanitaires ».
Pour la seule année 2023, les Nations unies ont enregistré près de 33.000 violations des droits de l’enfant, un chiffre qui n’a jamais été aussi élevé, selon Mme Van der Heijden. Elle a également insisté sur les violences sexistes à l’égard des filles. « Nous devons prendre des mesures qui ciblent spécifiquement les filles et les femmes. Nous constatons une augmentation spectaculaire de la violence sexuelle à l’encontre des jeunes filles », a-t-elle alerté.
Deux représentantes de l’ONG Plan International, originaires du Nigeria, ont également pris la parole pour témoigner des conséquences du réchauffement climatique dans leur pays. « Notre ville a été inondée (…). De nombreuses personnes ont dû quitter leur maison ou sont mortes, alors que dans les camps de réfugiés, le manque d’hygiène a provoqué le choléra », ont relaté Fatima et Halima.
« Les recherches montrent qu’au Burkina Faso, au Niger, au Nigeria et au Mali, les défis majeurs auxquels sont confrontées les filles et les femmes sont exacerbés par les effets du réchauffement climatique », ont-elles ajouté. « En raison de la sécheresse, il y a moins de nourriture et d’eau disponible. La responsabilité d’en trouver repose entièrement sur les épaules des filles, ce qui les empêche d’aller à l’école », ont-elles exposé. De plus, « les filles n’ont pratiquement pas accès aux soins de santé et à la contraception ».
Pour les deux femmes, la voix des enfants devrait être davantage prise en compte dans la résolution des problématiques qui les concernent.
La conférence réunit des experts, des décideurs politiques et des acteurs de terrain du monde entier dans le but de trouver des réponses aux menaces émergentes auxquelles sont confrontés les enfants.
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