Le médecin légiste qui a autopsié le corps de Marilyn Monroe révèle ne pas être certain des causes exactes de sa mort

Le 4 août 1962, soit il y a 63 ans, Marilyn Monroe nous quittait à l’âge de 36 ans. Le médecin légiste qui a autopsié le corps de la star à l’époque est revenu sur cet examen pas comme les autres dans un livre écrit par Anne Soon Choi intitulé « LA Coroner ».
Dans cet ouvrage sorti le 5 juin dernier, Thomas Noguchi, âgé aujourd’hui de 98 ans, se remémore cette autopsie qui continue de le tarauder encore aujourd’hui. Alors qu’il était l’un des plus jeunes médecins légistes de Los Angeles, on le missionne d’établir les causes du décès de Marilyn Monroe.
« Femme blanche, yeux bleus, 36 ans, 1m62, 52kg », note-t-il à l’époque devant la dépouille de la star. Et le médecin légiste de poursuivre : « Elle a été retrouvée nue, face contre terre, entourée de boîtes vides de somnifères. Une bouteille de chloral hydrate, un puissant anesthésique, a également été trouvée à côté d’elle. Les somnifères lui avaient été prescrits deux jours plus tôt par un psychologue, qui avait déclaré qu’elle était « très déprimée » ».
Comme le précise Thomas Noguchi, la cause du décès semblait alors évidente : Marilyn Monroe s’était suicidée. Un constat que le jeune médecin légiste ne devait donc pas avoir de mal à établir.
Les premières conclusions du légiste allaient dans ce sens. « Bien sûr, j’ai vérifié dès le début si elle avait pu être tuée par un tiers. Je n’ai trouvé aucune trace d’empoisonnement. J’ai examiné tout son corps à la recherche d’éventuelles blessures causées par une aiguille. Entre ses doigts, dans le coude, dans le cou… J’ai même écarté soigneusement ses cheveux blonds pour examiner son crâne. Rien. Cela m’a conforté dans l’idée qu’il s’agissait d’un suicide », explique-t-il dans le livre, comme le rapporte Het Laatste Nieuws.
Mais c’est lors de l’examen interne que Thomas Noguchi a commencé à se poser des questions. « J’ai examiné son estomac et ses intestins mais je n’ai trouvé aucune trace visible de pilules. Cela m’a inquiété car plusieurs flacons avaient été trouvés à côté d’elle dans son lit. De telles quantités auraient dû être visibles dans son corps », précise-t-il.
Après avoir prélevé des échantillons de différents organes de Marilyn Monroe et avoir effectué des analyses de sang, le médecin légiste doutait toujours des causes exactes de la mort de la star.
« Quand j’ai reçu ce rapport, une sonnette d’alarme s’est déclenchée dans ma tête. Notre chef du service de toxicologie, Raymond Abernathy, n’a apparemment pas jugé nécessaire d’effectuer d’autres tests sur les organes après avoir trouvé des niveaux mortels de pentobarbital et d’hydrate de chloral dans son sang. Je trouvais cela insuffisant, trop de questions restaient sans réponse. Et si quelque chose se révélait incorrect, on m’aurait tenu responsable », déclare-t-il.
Mais face à la pression médiatique qui poussait à déterminer rapidement ce qui a provoqué le décès de Marilyn Monroe, le jeune médecin légiste s’écrase et se range derrière la cause la plus évidente : la star s’est suicidée.
« J’ai écrit dans mon rapport que cet incident suivait le même schéma que ses précédentes tentatives de suicide, sauf qu’ici, elle n’a pas appelé à l’aide. Mais cela me laisse toujours un goût amer. J’ai voulu rectifier la situation après coup en effectuant des tests après la conférence de presse, mais le laboratoire avait déjà jeté tous ses organes », précise Thomas Noguchi.
Et le médecin de conclure : « Il est bien sûr possible qu’il s’agisse d’un suicide, c’est même probable. Mais vu la manière dont cela s’est passé, il est impossible d’exclure que Marilyn soit morte d’une injection mortelle, par exemple, plutôt que d’une overdose de médicaments. Nous n’avons pas prouvé qu’elle s’était suicidée ».
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