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Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « In-A-Gadda-Da-Vida »

Cette semaine, Marc Ysaye évoque un titre rock devenu culte : « In-A-Gadda-Da-Vida », Iron Butterfly (1968).
Par Marc Ysaye
Temps de lecture: 3 min

Été 1968 sort l’album « In-A-Gadda-Da-Vida ». Une bombe explose sous un ciel californien gorgé d’un soleil pesant au beau milieu du mouvement hippie, à ce moment à son apogée.

« In-A-Gadda-Da-Vida » est le deuxième album studio du groupe californien Iron Butterfly, littéralement « Papillon de fer ». Sorti de nulle part le 14 juin 1968 il atteint la neuvième place des classements américains et se hisse en tête du classement des albums au Royaume-Uni ! Il a la particularité d’être le premier album à avoir obtenu le statut de disque de platine lorsque la « Recording Industry Association of America » (RIAA) instaura ce niveau de réussite.

Aujourd’hui l’album est quadruple disque de platine avec plus de 20 millions d’exemplaires vendus !

Iron Butterfly se voulait une des réponses américaines au heavy rock des groupes britanniques tels Cream ou Led Zeppelin, avec une touche de théâtralité orchestrée par le son de l’orgue de Vanilla Fudge et l’image mystérieuse des Doors.

17 minutes de bonheur

« In-A-Gadda-Da-Vida » dure 17’02’ et sera la première vraie longue chanson jamais enregistrée à se hisser en tête des charts. Rare Earth et sa reprise en faux live de « Get Ready » des Temptations fera un peu mieux : 20 minutes !

Pendant quelques années, il y eut un véritable engouement pour les très longues chansons. Les groupes anglais vont emboîter le pas avec Pink Floyd, Yes, Genesis, Focus ou encore Emmerson Lake and Palmer.

Rappelons au passage que la durée d’un titre était contrainte par les limites techniques de l’époque. Il était en effet impossible de graver une face de vinyle qui dépassait les 24 ou 25 minutes.

« In-A-Gadda-Da-Vida » signifie tout simplement « In a garden of Eden » et s’articule autour de l’un des riffs les plus mémorables des années 60. Il est complété par de longs solos de tous les musiciens, en particulier du batteur Ron Bushy et du guitariste Erik Bran âgé de 17 ans seulement (!), sans oublier l’orgue du chanteur et principal compositeur du groupe, Doug Ingle.

Les autres morceaux révèlent qu’Iron Butterfly possédait une certaine sensibilité pop qui venait alléger la lourdeur de leur musique. « Flowers and Beads », en particulier, est à la fois une ballade pop-rock romantique des années 60 et une critique subtile mais surprenante de la culture flower power.

Avec son riff mineur interminable et lancinant et ses paroles marmonnées, « In-A-Gadda-Da-Vida » est sans doute la chanson la plus célèbre de l’ère du rock psychédélique. Selon la légende, le groupe était tellement défoncé lors de l’enregistrement du morceau qu’il était incapable de prononcer le titre « In the Garden of Eden » ou de terminer le morceau, qui s’étire donc sur 17 minutes, ce qui pouvait sembler une éternité à certains auditeurs. Mais c’est là tout l’intérêt de cet album : il incarne à la perfection l’excès psychédélique, résumant les tendances les plus excessives de l’époque. Iron Butterfly n’a jamais égalé les excès déformés de « In-A-Gadda-Da-Vida », ni sur leur premier album du même nom ni sur le reste de leur discographie, mais ils ont parfois produit des morceaux psychédéliques agréables, portés par des guitares fuzz, qui fonctionnent.

Les cinq titres qui accompagnent leur chef-d’œuvre sur l’album « In-A-Gadda-Da-Vida » sont de bons artefacts et l’album dans son ensemble reste l’album définitif du groupe, d’autant plus que c’est le seul endroit où l’on peut trouver la version intégrale du titre éponyme.

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D.R.

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