Marc Ysaye et ses grands classiques du rock : « Summer of ‘69 »

Il existe une idée complètement fausse selon laquelle cette chanson parle de l’année 1969, ce n’est pas le cas. « Summer of ‘69 » ne parlait pas uniquement d’adolescence, de nostalgie ou de perte de repères.
Hiver 1984
Deux hommes sont assis dans un studio au sous-sol d’une maison à Vancouver, travaillant sur une chanson dont aucun des deux n’est satisfait. L’un est Jim Vallance, un batteur-compositeur qui s’est fait un nom en écrivant des succès pour des poids lourds tels que Joe Cocker ou Kiss. Il est propriétaire du studio. L’autre est le partenaire d’écriture de Vallance depuis ses débuts. Il s’appelle Bryan Adams.
Adams et Vallance avaient déjà connu des succès commerciaux honorables, avec « Straight From The Heart », « Cuts Like A Knife » et « This Time » en 1983, qui se classèrent respectivement 10e, 15e et 24e au hit-parade américain des singles. L’album de 1983, « Cuts Like A Knife », atteindra la 8e place des charts US, permettant ainsi à Bryan d’assurer les premières parties des Kinks ou de Foreigner.
Le calendrier de la tournée d’Adams était exténuant cette année-là, avec environ 283 jours sur la route, mais sa réputation aux États-Unis ne cessait de croître. Il lui fallait désormais un véritable tube, une chanson emblématique qui lui ouvrirait les portes des deux côtés de l’Atlantique et constituerait la colonne vertébrale de son prochain album, « Reckless ». Il n’était pas convaincu au départ que « Summer of ‘69 » soit cette chanson. Il ne se doutait pas qu’elle deviendrait un tel classique.
À l’origine, la chanson s’appelait « The Best Days Of My Life ». Bryan Adams avait toujours voulu écrire une chanson sur l’été. À un moment donné, pendant l’enregistrement de la maquette, il a simplement ajouté les paroles « It was the summer of ‘69 », et ça a collé !
L’intro à la guitare est à peu près la seule chose qu’il savait jouer correctement, donc « c’était assez facile », dira-t-il avec beaucoup de fausse modestie.
Un « 69 » en cache un autre…
En réalité, l’image d’une vie très saine que Bryan Adams dégageait avec son look de gendre idéal a contribué à dissimuler l’une des allusions les plus évidentes du rock moderne. Le « 69 » en question ne fait pas référence à l’année 1969 ni au festival de Woodstock mais tout simplement à la position sexuelle que Bryan découvrira à l’âge de 15 ans ! Il chante clairement dans le dernier couplet « me and my baby in a 69 » (moi et ma chérie en 69) pendant le final de la chanson : « Beaucoup de gens pensent à tort que cette chanson parle de 1969, mais ce n’est pas le cas. J’ai choisi 69 pour la position sexuelle. »
Si « Summer of ‘69 » a été composée rapidement, son enregistrement s’est par contre avéré être compliqué. « Je voulais capturer une énergie particulière dans ce morceau, et j’ai failli perdre mon équipe en essayant. Je me suis battu avec tout le monde jusqu’à ce qu’elle devienne ce qu’elle est aujourd’hui. Ça n’a pas été facile… »

Le véritable méga-hit de l’album sera pourtant « Run to you ».
Aujourd’hui, Adams est philosophe : « Les charts n’ont pas d’importance. Ce qui compte, c’est que la chanson soit géniale ».
Vallance et Adams étaient au sommet de leur art à ce moment, mais malheureusement tout commencera à se dégrader entre eux après l’album « Reckless. » Oui, 12 millions d’exemplaires vendus, ça peut laisser des traces…









