L’édito de Benoît Franchimont : privilégiez le circuit court pour soutenir nos agriculteurs

L’Union européenne a finalement conclu son accord de libre-échange avec les principaux pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay). Les négociations ont duré plus de 25 ans. Ensemble, les deux blocs représentent 30 % du PIB mondial, ce qui situe l’ampleur de l’accord. Celui-ci vise à éliminer la plupart des droits de douane dans plusieurs secteurs sensibles. L’accord va favoriser ainsi les exportations européennes de voitures, de machines ou de vin vers l’Amérique du Sud. Dans le sens inverse, il va faciliter l’entrée en Europe de bœuf, volaille, sucre, riz, miel ou soja sud-américains. Il y a des quotas, des règles à respecter de part et d’autre. Mais les premières victimes de l’accord seront les agriculteurs européens, qui craignent que les importations des pays du Mercosur les mettent davantage en difficulté. Pour la Belgique, qui s’est abstenue lors du vote, les projections de l’UE sont claires. Nos exportations de machines et équipements électriques ou de produits chimiques et pharmaceutiques vont être dopées. Dans l’autre sens, on s’attend à des importations renforcées de viande bovine (de moindre qualité, les conditions d’élevage en Amérique du Sud sont nettement moins encadrées qu’ici). Concrètement, l’UE acceptera l’entrée de moins de 2 % de sa production actuelle de viande bovine. Mais le type de viande attendu, des steaks surtout, est celui qui rapporte le plus à nos éleveurs. Ceux-ci ont appelé les consommateurs à leur venir en aide. Chacun peut en effet soutenir nos fermiers, en privilégiant le circuit court (acheter à la ferme ou dans des coopératives locales) ou en choisissant des produits belges, voire régionaux, dans nos supermarchés. Beaucoup d’enseignes ont compris l’intérêt de mettre en avant les producteurs locaux. Aux consommateurs de se renseigner sur la provenance de ce qu’ils mangent et d’enclencher le mouvement.









