L’édito de Benoît Franchimont : contesté, Trump est prêt à tout

Bad Bunny n’est sans doute pas le chanteur le plus connu chez nous, mais à l’échelle mondiale, c’est lui qui est le plus écouté aujourd’hui. Rappeur portoricain, ne chantant qu’en espagnol, Bad Bunny a remporté le titre de meilleur album de l’année aux Grammy Awards. Et il a chanté à la mi-temps du Super Bowl, dimanche dernier, l’événement sportif et populaire le plus important aux États-Unis. Symbole ? Bad Bunny est devenu en quelques heures le principal opposant à l’administration Trump, critiquant les méthodes de la police de l’immigration, bras armé de la politique répressive de Donald Trump. D’autres stars commencent à oser s’opposer ouvertement au Président. Un an après être revenu à la Maison-Blanche, Trump fait face à un vent de contestation. Dans la rue, mais aussi dans les milieux politiques. Barack Obama et Bill Clinton, les anciens Présidents, sont enfin sortis de leur réserve, appelant les Américains au sursaut. La réponse de Trump est toujours plus violente et incontrôlable. La semaine passée, son compte Truth Social a relayé des images de Barack et Michelle Obama grimés en singes…
Aux USA, liberté d’expression et Constitution protègent le Président de toute poursuite. Tenté par les méthodes autocratiques, Donald Trump est-il capable d’aller plus loin encore ? Dégringolant dans les sondages, il redoute le résultat des élections législatives de mi-mandat, le 3 novembre prochain. Il pourrait perdre sa majorité parlementaire. Trump menace carrément de prendre le contrôle de l’organisation des élections dans les États qui ne lui sont pas favorables, toujours convaincu que ses opposants démocrates trafiquent les résultats… L’agitation populaire, les manifestations contre ICE dans les villes démocrates ne seraient pas pour déplaire à Trump, capable d’utiliser ce prétexte pour y envoyer la Garde nationale, reléguant ses opposants politiques au rang de terroristes intérieurs. Qu’il attise et instrumentalise une guerre civile pour se maintenir au pouvoir, voilà la crainte un peu folle des anti-Trump. Mais avec lui, quoi d’impossible ?









