Les fleurs dans l’Histoire : le titan malodorant
Hourra ! Les jours rallongent depuis peu et le monde végétal va enfin pouvoir organiser son bal masqué du printemps où les fragrances dansent valses, salsas et autres tangos odorants. Que serait en effet un jardin sans le sillage poudré d’une rose de Damas, les effluves sucrés du jasmin ou encore la fraîcheur zestée de chèvrefeuille ? Cependant, la nature, dans sa grande fantaisie, ne cultive pas que le raffinement. L’extravagance voire le mauvais goût ont parfois raison d’elle. En effet, si certaines fleurs aspirent à la parfumerie fine, d’autres semblent avoir pactisé avec le diable. La Rafflesia arnoldii, par exemple, sent la viande avariée tandis que la plus discrète Hydnora africana n’a d’égale en termes d’odeur fétide. Au sommet de cette épouvantable hiérarchie olfactive trône une reine absolue : l’Arum titan. L’histoire de cette plante, dont ne traduirons pas le nom latin plutôt explicite, Amorphophallus titanum, a des airs de roman d’aventures du XIXe siècle.










