Christophe Deborsu et son émission « Je vous dérange » épinglés par le CDJ

Le 7 novembre 2025, RTL-TVI diffusait un nouveau numéro de « Je vous dérange » intitulé « Sans boulot : tous fraudeurs ? ». Dans cette émission, Christophe Deborsu était parti à la rencontre de Belges sans emploi, en incapacité de travail prolongée ou en maladie de longue durée.
Ce numéro qui avait été suivi par plus de 410.000 téléspectateurs avait suscité une vague de réactions. La raison ? Certaines séquences étaient jugées « sensationnalistes ». L’émission donnait notamment la parole à une femme qui était sur la mutuelle depuis qu’elle a glissé sur une crotte de chien, huit ans auparavant.
98 plaintes ont ainsi été déposées à l’encontre de « Je vous dérange » auprès du Conseil de Déontologie Journalistique (CDJ) et 65 d’entre elles ont été déclarées recevables.
Le CDJ a rendu son jugement le 15 avril dernier. Dans son avis, le Conseil de Déontologie Journalistique a souligné que « Je vous dérange » avait « omis plusieurs informations essentielles » et « usé de raccourcis en investiguant la question traitée ». Il reproche à l’émission de RTL-TVI d’avoir véhiculé « une image stéréotypée des allocataires sociaux, les assimilant à une catégorie de personnes privilégiées, sans volonté de retour au travail et possiblement fraudeurs, entraînant au fil de la démonstration leur stigmatisation et une incitation indirecte à la discrimination à leur égard ».
Le CDJ a ainsi estimé que Christophe Deborsu et RTL-TVI avaient « manqué d’attention aux droits des allocataires interrogés, soit des personnes peu familiarisées avec les médias, portant une attention insuffisante aux répercussions prévisibles que l’information telle que diffusée pouvait avoir sur leur vie ».
Les plaintes ont dès lors été jugées fondées et la chaîne privée a été contrainte de publier la décision du CDJ sur son site web pendant 48 heures.
Notons que RTL Info a contesté la décision du CDJ dans un communiqué publié sur son site. « La rédaction de RTL rappelle qu’aucune réflexion déontologique ne peut avoir pour effet de fragiliser la liberté de la presse, l’indépendance des rédactions et la liberté éditoriale, qui demeurent des piliers fondamentaux de toute société démocratique. Les médias doivent pouvoir continuer à traiter, en toute indépendance, librement, avec rigueur et responsabilité, les sujets sociaux difficiles, sensibles ou controversés qui préoccupent les citoyens et alimentent légitimement le débat public », peut-on notamment lire.
« Elle souligne également que le traitement journalistique des réalités sociales sensibles implique de pouvoir montrer le réel dans toute sa diversité, y compris ses contradictions, tensions et difficultés, sans que cela puisse automatiquement être assimilé à une généralisation ou à une stigmatisation. Informer sur certaines situations particulières ne revient pas à condamner une catégorie entière de la population », précise encore RTL Info.
Et de conclure : « Dans une démocratie vivante, la déontologie doit accompagner le journalisme, l’éclairer et l’encadrer, non l’entraver. Elle ne peut devenir un facteur d’autocensure susceptible de décourager les rédactions d’enquêter sur les sujets les plus délicats ».
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