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Programme télé de ce dimanche 3 mai : notre sélection

Ce soir à la télé, le film satyrique centré sur Bernadette Chirac. Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Journaliste Temps de lecture: 3 min

Qui était donc « le Président préféré des Français ? » Il restera vrai qu’avec son score écrasant de réélection face à Jean-Marie Le Pen, Jacques Chirac a établi un record imbattable. Aussi las de toute condamnation, via une bienveillance organisée, dans l’affaire des dépenses de la Mairie de Paris. Chirac l’intouchable, comme le fut aussi Valéry Giscard d’Estaing, dont il fut le Premier ministre, et « qui aura sa peau », en partenariat secret avec François Mitterrand pour la présidentielle de 1981, dont il sera aussi (l)également le pensionnaire de Matignon dans la première de ses deux cohabitations. Un homme de l’ombre (par)venu au premier plan. Aura-t-il été le tireur de ficelles ayant toujours un coup d’avance ou celui qui aura fait n’importe quoi avec des fortunes diverses ? Resteront son humour au millésime clé de « 1664, la bière » et au « mulot », son sens de l’honneur avec le pardon avoué de l’État français envers les Juifs de la Shoah, et aussi son clairvoyant « non » à la « sale guerre du Golfe »…

Il faut reconnaître que cette image est ridiculisée dans ce « Bernadette » de 2023 présenté avec les réserves d’usage comme une « comédie biographique » toutefois « inspirée de faits réels ». Brève genèse de cette aventure qui n’aura finalement fait couler qu’assez peu d’encre. La réalisatrice Léa Domenach – avec l’aide de sa consoeur Clémence Dargent – est à la base journaliste de sympathie gauchiste, ce qui est devenu plutôt très imprécis dans l’histoire contemporaine de l’Hexagone. Fille du chroniqueur politique Nicolas Domenach, elle a connu dès son plus jeune âge les rapports conflictuels entre son père et le Président, mais connaissait très mal le profil rebelle de la Bernadette, que son mari surnommait « la tortue ». Elle s’y est donc intéressée jusqu’à imaginer ce film inspiré par un docu. Fiction ? Pas besoin de l’aval de la dame (bientôt 93 ans ce 18 mai) ni de sa fille Claude (63 ans), dernières survivantes du clan. Le choix de Catherine Deneuve pour incarner la « relookée » n’était que fantasme, « mais elle a ri en lisant le script et accepté ce rôle historique qu’elle rejette de coutume » précise l’auteure. Face à la plus rutilante des octogénaires de France, un Michel Vuillermoz laid et caricatural, devant un casting lui aussi « orienté » avec Sara Giraudeau (l’impitoyable Claude), Denis Podalydès (le conseiller de « Berna »), Laurent Stocker (Sarko), Lionel Abelanski (le chauffeur), Maud Wyler (l’infortunée Laurence), notre Bruxellois François Vincentelli (Villepin) et même Artus en judoka Douillet ! Fi donc du réel, mais la comédie est bonne, surtout pour un premier film qu’on pourrait qualifier d’autre « revanche d’une blonde ».

« Bernadette », 21h10, France 2, trois étoiles.

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